La rigueur pousse Berlin à renoncer à son service militaire

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Pour réduire son déficit et sa dette publics, l'Allemagne va sacrifier son service militaire obligatoire, un des piliers de la démocratie ouest-allemande d'après-guerre. Le ministre allemand de la Défense, Karl-Theodor zu Guttenberg, va présenter ce lundi à la chancelière Angela Merkel et aux principaux membres de la Commission de défense du Parlement ses propositions de réforme de l'armée allemande, la Bundeswehr, pour économiser, d'ici à 2013-2014, 4 milliards d'euros. Angela Mer- kel a chargé zu Guttenberg de présenter des pistes pour réduire de 40.000 hommes les effectifs de l'armée. La conscription, soit 68.300 hommes par an à ce jour, devrait ainsi être d'abord « suspendue », mais en définitive seul un « service militaire volontaire », une seule armée de métier, demeurerait.une décision difficileZu Guttenberg semble privilégier une réduction plus radicale : la Bundeswehr ne compterait plus que 163.500 soldats, contre 250.000 aujourd'hui, et contre 495.000 hommes en 1984, en pleine guerre froide. L'abandon du service militaire obligatoire, qui coûte 400 millions d'euros par an, est une décision politique difficile car la conscription symbolise l'armée démocratique de citoyens. Si l'Allemagne n'a pas renoncé au service militaire plus tôt, à l'instar de tous ses voisins, notamment la France en 2001, cela s'explique aussi par le coût de cette mesure dans le système social outre-Rhin. 90.500 objecteurs de conscience effectuent chaque année leur service civil dans les hôpitaux, pour l'aide aux personnes âgées, aux handicapés, l'encadrement des jeunes, où ils représentent une main-d'oeuvre bon marché. Ce service civil devant disparaître avec son corollaire militaire, les services sociaux concernés réclament donc le développement d'un service civil volontaire, ouvert aussi aux jeunes femmes. « Le nombre de places prévu pour le service social volontaire doit doubler de 30.000 à 60.000, soit une subvention annuelle supplémentaire de 200 millions d'euros », explique à « La Tribune » Ulrich Schneider, directeur de Paritätischer Wohlfahrtsverband, fédérant 10.000 organisations sociales et de la santé. « Les 12.000 jeunes hommes du service civil actuel qui travaillent pour nous, sur un demi-million de nos collaborateurs, ne sont pas tant importants numériquement, mais ces ?recrues? demeurent ensuite souvent à notre service », précise-t-il. Par ailleurs, le maintien du service militaire tel quel « entraînerait un coût annuel supplémentaire d'environ 2 milliards d'euros », avertissent Andreas Schockenhoff et Roderich Kiesewetter, deux députés de la CDU d'Angela Merkel, en référence aux lourdes dépenses liées aux structutres militaires.

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