Le dollar faible embarrasse la Fed
La Tribune
La Tribune
changesPour la première fois depuis un an, le dollar a refranchi le seuil de 1,48 pour 1 euro, les acteurs du marché des changes écoulant les stocks de billets verts accumulés pendant la phase aiguë d'aversion au risque au profit de placements plus rémunérateurs. Après trois jours de répit, les attaques sur le dollar ont repris de plus belle, hier, après la publication d'un rapport de la Banque asiatique de développement (BAD), pronostiquant une reprise économique plus forte que prévu de 3,9 % en 2009 et 6,4 % en 2010, hors Japon, dans la zone qu'elle supervise, donnant une impulsion aux monnaies de la région, yen exclu.Du coup, les opérateurs profitent des rendements quasi nuls offerts sur le dollar pour s'adonner à nouveau au sport international de haute voltige qu'est le « carry trade ». Et ce, au nez et à la barbe de la Réserve fédérale américaine dont le conseil de deux jours s'ouvrait hier. Car, si l'affaiblissement récent du dollar reflète son utilisation croissante comme véhicule des stratégies de portage (consistant à jouer sur les écarts de rendements), la Fed risque d'être confrontée à un cocktail explosif. risques pour la repriseSi les entreprises américaines trouvent dans la dépréciation de leur monnaie un moyen d'améliorer leur compétitivité mise à mal par la crise, le dollar faible comporte plus d'inconvénients que d'avantage. D'abord, il accroît les pressions inflationnistes, via les importations, alors que la crainte d'un retour de « l'hydre hideuse » commence déjà à tarauder certains « sages » de la Fed. Mais surtout, soulignent Christian Parisot et Jean-Louis Mourier, économistes d'Aurel BGC, si les positions spéculatives sont financées par des emprunts en dollars, notamment sur les marchés de matières premières ? les producteurs ne conservant plus les dollars engrangés du fait que les ressources naturelles sont libellées en monnaie américaine à l'échelle internationale ? cela pose à la Fed un double problème. Cela signifie que les taux sont trop bas incitant les investisseurs à prendre plus de risques. Et cela implique que si ces dollars alimentent la hausse des cours des matières premières, la reprise économique pourrait être compromise en pesant sur les marges des entreprises ou le pouvoir d'achat des ménages. Et de conclure : « La Fed peut considérer ce mouvement comme un risque majeur pour l'avenir, bien qu'il lui soit difficile de remonter dès maintenant ses taux directeurs en raison de la persistance d'importantes incertitudes économiques. La seule solution serait de durcir le ton car elle doit briser une image fausse sur les marchés, lesquels pensent que la Fed optera pour le statu quo pendant plus longtemps que la BCE ou les autres banques centrales. » Isabelle Croizard
La Tribune
Budget : la sombre prévision de la Commission européenne pour la France
Ruptures conventionnelles : voici de combien sera réduite la durée de votre allocation chômage
A Marseille, la coalition des éditeurs de presse se renforce face aux plateformes d’IA
« Absurde », « prétexte », « injustifié »... Bruxelles hausse le ton face à la nouvelle offensive douanière de Trump