L'Epad, un levier d'influence
La Tribune
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POURQUOI Jean Sarkozy a-t-il voulu briguer la présidence de l'Epad, l'Établissement public pour l'aménagement de La Défense, avant de renoncer hier sous la pression ? Créé en 1958 sous l'impulsion du général de Gaulle, et de Paul Delouvrier, qui pilotait à l'époque l'aménagement de la région parisienne et avait imaginé les villes nouvelles, l'Epad a été la cheville ouvrière de ce qui est devenu un des plus grands pôles d'affaires européens, La Défense. L'Epad, dont le budget atteint 115 millions d'euros (101 millions pour les travaux et études, 14 millions pour le fonctionnement), a pour mission d'aménager les espaces publics à La Défense et de viabiliser les terrains pour les valoriser avant de céder ensuite des droits à construire à des opérateurs et investisseurs spécialisés. L'Epad, qui ne reçoit aucune subvention de l'État, tire d'ailleurs l'ensemble de ses recettes de la vente des charges foncières.L'organisme est également chargé d'animer et d'exploiter le site, qui réunit aujourd'hui 150.000 salariés et 2.500 entreprises, dont une bonne partie des grands noms du CAC 40. Précisément, l'Epad est devenu au fil du temps plus qu'un aménageur, un outil de pouvoir vu le caractère stratégique de La Défense, qui pèse 30 % du PIB de l'Île-de-France et 10 % du PIB national et accueille quinze des cinquante premières entreprises mondiales.fusionCette influence va encore s'accroître : l'Epad doit fusionner début 2010 avec l'Établissement public d'aménagement Seine-Arche (Epasa) de Nanterre, pour constituer l'Epadsa (Établissement public d'aménagement de La Défense Seine-Arche). En adjoignant le tissu économique de Nanterre, soit 80.000 salariés et 2.300 établissements, Jean Sarkozy aurait eu, s'il avait été élu à la tête du conseil d'administration de l'Epadsa, une influence sur le pôle économique le plus dense de la région capitale (mais pas de rôle exécutif, dévolu au seul directeur général). Il n'aurait bénéficié en revanche d'aucune prébende : ni salaire, ni indemnité, ni jetons de présence, et pas non plus d'une voiture de fonction. Jean Sarkozy n'aurait donc pas pu à tout le moins, s'il avait maintenu sa candidature, en retirer un avantage financier.Sophie SANCHEZ
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