Salariés et DRH pessimistes sur le climat social
La Tribune
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SocialAbsence de manifestations nationales, conflits moins nombreux ou moins violents dans les entreprises? Depuis la rentrée, les apparences pourraient laisser penser que le calme est revenu sur le front social. Pas si simple, à en croire le baromètre du climat social de la Cegos, dévoilé hier. L'édition 2009 révèle, en effet, que les 2.000 salariés de tous secteurs et les 172 DRH interrogés sont pessimistes sur le climat social dans leur entreprise. 25 % des premiers et 16 % des seconds le jugent même médiocre.TensionEt la situation ne devrait guère s'améliorer dans les prochains mois, tant les sujets de tension risquent de se multiplier. Tout d'abord, 64 % des salariés et 54 % des DRH craignent un blocage des rémunérations en 2010. Or la revendication pourrait revenir rapidement sur le devant de la scène alors que l'année 2009 a déjà été une année « blanche », pour beaucoup, en termes d'augmentations de salaire. Plus explosif encore, la forte proportion de salariés (34 %) et de DRH (15 % auxquels s'ajoutent 22 % de non-réponses) qui redoutent un plan social dans leur entreprise dans les mois à venir. Conséquence, une large majorité de personnes interrogées dit comprendre les actions extrêmes ayant éclaté au cours des derniers mois chez Molex ou New Fabris. « Non seulement il y a compréhension, mais un tiers des salariés et presque autant de DRH estiment que ce type d'actions pourrait être possible là où ils travaillent. C'est très prégnant », constate Annick Allégret, directrice de l'unité ressources humaines et management à la Cegos.Or, les intermédiaires susceptibles de désamorcer les tensions peinent à jouer leur rôle. Les représentants du personnel ne bénéficient, par exemple, que de la pleine confiance d'un tiers des salariés. Mais ce sont surtout les managers de proximité qui essuient les critiques les plus vives. Absence de retour régulier sur le travail, manque de soutien, charge de travail inégalement répartie : les salariés se montrent très sévères à l'égard de leur hiérarchie. Les DRH ne sont pas en reste : seuls 29 % d'entre eux estiment que les managers régulent bien les tensions au sein de leurs équipes. Une manière, peut-être, de se dédouaner de leurs propres responsabilités, mais un signal d'alerte à ne pas négliger?
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