La Bourse indienne reste proche de ses plus-hauts de 2007
La Tribune
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Rakesh Jhunjhunwala, celui que l'on surnomme le « Warren Buffett » indien, a donné le ton dans une interview télévisée : « Mieux vaut faire preuve de prudence sur les marchés indiens. » Le milliardaire est cependant loin d'être le seul à faire aujourd'hui montre de scepticisme. « La hausse du marché a été spectaculaire. Les valorisations sont aujourd'hui très tirées, résume un gérant chez CNI Research en Inde. Il est logique que les investisseurs prennent leurs bénéfices. » Cette semaine, l'indice Sensex a dépassé pour la première fois le cap des 20.000 points tandis que le Nifty évolue à 6.000 points (des niveaux respectifs proches de leurs plus-hauts de 2007) avant de s'assagir un peu (-0,7 %) au cours des deux dernières séances. Jeudi, la publication de l'inflation alimentaire (qui atteint un pic de 15,46 % cette semaine) a constitué un bon prétexte à des dégagements. Le Sensex a reflué autour de 19.861 points. Il faut cependant resituer l'évolution de ce marché dans son contexte. Rebond de 24 %Depuis son plus-bas touché le 25 mai dernier, ses indices ont rebondi de 24 %, faisant d'elle (à 18 fois les bénéfices attendus pour cette année fiscale) l'une des places les plus onéreuses d'Asie. Derrière cette performance, se cachent essentiellement des fonds institutionnels étrangers attirés par la robustesse d'une économie indienne peu dépendante des exportations. Cette année, les flux de capitaux nets étrangers investis sur les actions indiennes ont progressé de 61 % pour atteindre plus de 16 milliards de dollars, selon les données compilées par Bloomberg. Est-ce à dire que le marché indien serait proche d'une saturation ? « Le marché se situe à un seuil où une correction est très possible », souligne un économiste. « Toutefois, il reste des opportunités, surtout hors des indices » explique-t-il, faisant notamment référence à de nouveaux trackers. De surcroît, « les perspectives de croissance sont toujours aussi bonnes », ajoute-t-il. Même l'inflation pourrait montrer des signes d'apaisement. « Le pic atteint par les prix alimentaires devrait être temporaire car la mousson a été bonne. » Mais, surtout, « le WPI [Wholesale Price Index, Ndlr] est en baisse, à 8,51 % au 31 août. C'est plutôt rassurant. Le Consumer Price Index l'est également ». Deutsche Bank n'exclut pas, de son côté, un gain supplémentaire de 10 % d'ici à la fin de l'année, avec un indice Sensex à 22.000 points. M. B.
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