Le repli stratégique de Nicolas Sarkozy

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Des e-mails, des lettres incendiaires envoyés à l'Élysée, aux journaux ou sur des sites Internet. Des députés malmenés dans leurs circonscriptions. La colère de la base a finalement eu raison de la détermination de Nicolas Sarkozy, qui déclarait il y a une semaine dans « Le Figaro » que la probable élection de son fils Jean à la présidence de l'Epad n'était « pas du népotisme ». Dans la foulée de cet entretien, responsables de l'UMP et ministres avaient été enrôlés dans une contre-attaque pour stigmatiser un complot « politico-médiatique » contre le président et son fils. Dimanche dernier, Nicolas Sarkozy a pensé que l'élection de David Douillet à la législative partielle de Poissy, dans les Yvelines, allait réussir à rassurer son camp. Mais le soir même, au sein de l'UMP, certains évoquaient un scrutin en trompe-l'?il, jugeant alarmant le niveau de l'abstention. « Nicolas Sarkozy perd plus que la main, il perd pied », assénait pour sa part le socialiste François Hollande.Les digues ont alors lâché les unes après les autres, contraignant le chef de l'État à son recul le plus symbolique depuis son arrivée à l'Élysée, en mai 2007. Parce qu'il intervient à mi-mandat, au moment où la majorité hésite entre doute et irritation sur les réformes en cours, notamment sur le terrain budgétaire et fiscal, le renoncement de Jean Sarkozy à La Défense donne un tour nouveau au quinquennat de son père.« bunkérisation »Depuis plusieurs semaines, des élus de l'UMP affirment que Nicolas Sarkozy est victime de la « bunkérisation » qui guette tous les locataires de l'Élysée. « Il n'y a plus que Claude Guéant [le secrétaire général de la présidence de la République] qui a accès à lui », regrettait en début de semaine un responsable de la majorité.Dans le même temps, les experts électoraux de l'UMP affichent une triste mine. Partis sur un scénario « haut » de huit régions « prenables » en mars, sur les 20 détenues par la gauche depuis 2004, ils ne parient plus que sur un gain de deux régions. Avec une crainte majeure : enterré un peu vite au lendemain de la présidentielle, le Front national pourrait refaire surface électoralement.Des études réalisées pour l'Élysée montrent en effet que la polémique lancée par Marine Le Pen sur Frédéric Mitterrand et la tempête autour de Jean Sarkozy ont fortement exaspéré l'électorat que Nicolas Sarkozy avait su capter en 2007.D'autres élus de la majorité jugent que le mode de gouvernance du chef de l'État, l'ouverture de plusieurs fronts de manière simultanée pour étourdir toute opposition et emporter l'adhésion du plus grand nombre, est en train de trouver ses limites. « Va se poser pour nous la question de la relance de l'action à mi-mandat. Pour que le bilan soit jugé positif, il va falloir lui donner plus de cohérence, plus de lisibilit頻, reconnaît un proche de Nicolas Sarkozy.Il y a un an déjà, le chef de l'État avait opéré un repli stratégique sur la réforme du lycée. « Quand il le faut, Nicolas sait renoncer », souligne aujourd'hui un de ses fidèles, pour qui la mauvaise passe actuelle doit être relativisée, « tant on avait promis une rentrée sociale difficile et un arrêt des réformes pour cause de crise ».l'éternel rival relancéLes partisans du chef de l'État insistent aussi sur « l'absence de toute opposition structurée », ce qui conduit à l'organisation du débat au sein même de la majorité. Si Nicolas Sarkozy est le chef incontesté de son camp, « on a tendance à oublier que l'UMP est plurielle », explique un élu, qui juge que le procès Clearstream a ainsi relancé politiquement Dominique de Villepin. L'éternel rival de Nicolas Sarkozy réunit d'ailleurs ses partisans la semaine prochaine à Paris.Dans l'entourage du chef de l'État, ils sont désormais plusieurs à estimer que Nicolas Sarkozy va devoir faire ?uvre de pédagogie comme il l'avait fait à Toulon en septembre 2008 pour l'entrée de la France dans la récession. Car la sortie de crise sera au c?ur de la campagne présidentielle de 2012. nPartis sur un scénario « haut » de huit régions « prenables » en mars, sur les 20 détenues par la gauche, les experts électoraux de l'UMP ne parient plus que sur un gain de deux régions.

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