La résurrection de GM orchestrée par Washington

Colosse aux pieds d'argile ? À Voir. Après des dizaines de milliards de pertes cumulées, une quasi-banqueroute retentissante en 2009, General Motors revit. Le groupe automobile de Detroit a affiché en effet jeudi ses premiers bénéfices annuels depuis 2004. Avec un profit net de 4,7 milliards de dollars (3,5 milliards d'euros) en 2010, il fait même mieux qu'attendu par les analystes. Entre juillet 2009, date de sa sortie de la procédure de sauvegarde, et la fin de la même année, il avait perdu 4,4 milliards ! GM, qui a fait un spectaculaire retour à Wall Street en novembre avec la plus grosse introduction en Bourse jamais réalisée dans l'histoire, a terminé l'année avec près de 28 milliards de dollars (21 milliards d'euros) de liquidités. Pas mal. GM a notamment affiché un profit opérationnel de 800 millions de dollars (610 millions d'euros) dans ses activités automobiles en Amérique du nord sur le seul quatrième trimestre. Un net redressement. Demeure cependant un gros point noir, l'Europe, où GM a encore affiché 600 millions de perte opérationnelle (450 millions d'euros) sur le dernier trimestre... et 1,7 milliard sur l'année. Les activités européennes autour de la marque allemande Opel restent encore largement problématiques.Facteurs exogènesNouveau symbole du miracle américain, General Motors doit toutefois, essentiellement, sa résurrection à des facteurs exogènes. Tout d'abord, placé un temps sous la protection du Chapitre XI, la loi américaine de protection des entreprises en difficulté, GM a reçu 50 milliards de dollars (35 milliards d'euros) d'aide publique sous forme de crédits ! Ca aide. Par ailleurs, allégé de sa dette et de ses mauvais actifs, le constructeur a eu les coudées franches pour multiplier les fermetures d'usines, tailler à la hache dans les effectifs et les concessions, supprimer trois marques américaines (Pontiac, Saturn, Hummer) pour n'en garder que quatre (Chevrolet, Buick, GMC et Cadillac). GM a aussi été porté par la relance du marché automobile américain l'an dernier (+ 11,2 %). Du coup, GM a augmenté ses ventes aux États-Unis de 6,3 % à 2,21 millions d'unités. Et le rythme s'accélère, puisque GM y a accru ses volumes de 22 % en janvier 2011, repassant au-dessus des 20 % de pénétration. Au total, le consortium du Michigan a relevé l'an passé ses volumes mondiaux de 12,2 % à 8,39 millions d'exemplaires, grâce surtout à la Chine (+ 29 %), devenue son premier débouché mondial. Sa filiale coréenne GM Daewoo, spécialisée dans les modèles à bas coûts, a vendu à elle seule 1,84 millions de véhicules (+ 19,9 %). Depuis quelques mois, le constructeur a repris ses investissements dans les pays émergents et certains programmes de nouveaux véhicules. Du coup, GM, dont l'État fédéral américain possède encore 33 % des parts, pourrait regagner sa couronne de premier constructeur mondial, perdue il y a trois ans au profit de Toyota. En effet, GM n'était en 2010 qu'à 50.000 véhicules de son rival nippon, lequel prévoit une très faible croissance de 2 % cette année.

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