La Californie en compétition fiscale pour conserver l'industrie du cinéma

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Derrière le glamour des tapis rouges et des stars en concurrence pour remporter une statuette à la 83e cérémonie des Oscars qui se tient dimanche à Hollywood, la capitale mondiale du septième art, une autre compétition plus prosaïque se joue au quotidien. La Californie « reste la maison-mère des studios de cinéma, mais de nombreux tournages ne se font plus dans l'État », admet Amy Lemish, directrice de la California Film Commission. En particulier ceux des longs-métrages à très gros budgets, « qui obtiennent des déductions fiscales importantes au Canada ou au Royaume-Uni ». Depuis 1996, le nombre de journées travaillées dans la production de films a ainsi chuté de 62 % dans la région de Los Angeles.« Pendant des années, la Californie a considéré l'industrie du film comme acquise », avance Stephen Moret, le secrétaire du développement économique de la Louisiane. Le « Golden State » n'a pas réagi à la mise en place au Canada dès 1999 de crédits d'impôts à destination des producteurs, ni à la généralisation de ces dispositifs aux États-Unis à partir de 2002, dans plus de 40 États : il n'a suivi qu'en juin 2009. « Au départ, les avantages financiers étaient limités car il fallait ramener de la main d'oeuvre qualifiée depuis la Californie, raconte Stephen Mouret. Mais il est aujourd'hui possible de tourner jusqu'à 10 films en même temps en Louisiane ». Premier à se lancer dans ce domaine, cet État du Sud s'est hissé au troisième rang national en termes de production cinématographique, derrière la Californie et New York. L'enjeu est de tailleLa pertinence de ces déductions fiscales coûteuses (1,5 milliard de dollars l'an passé) est remise en cause dans certains États à la situation budgétaire tendue. Pour autant, la compétition « n'a jamais été aussi féroce », selon Amy Lemish. La Californie propose 20 cents de déductions fiscales par dollar dépensé (hors salaires des acteurs), le Michigan plus du double. Son programme se limite aux budgets inférieurs à 75 millions de dollars, quand la Nouvelle-Zélande offre des conditions très avantageuses à Peter Jackson pour qu'il y tourne « Bilbo, le hobbit », au budget estimé de 500 millions de dollars. L'enjeu est de taille pour la Californie, où l'industrie du cinéma génère 250.000 emplois et y produit chaque année environ 200 films, pour des dépenses proches de 40 milliards de dollars. Les crédits d'impôts se limitent à 100 millions par an. Mais le nouveau gouverneur Jerry Brown pourrait ne pas prolonger le programme, qui s'achève en 2014. « Si c'est le cas, nous irons ailleurs » ont prévenu plusieurs producteurs. Jérôme Marin, à New York

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