Pour Merkel, la politique de Hollande est un excellent argument de campagne

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La France agite beaucoup les politiques allemands. En pleine campagne électorale, de plus en plus de représentants des deux partis conservateurs, la CDU d\'Angela Merkel et sa sœur bavaroise CSU, critiquent ouvertement la politique économique du gouvernement Hollande. Mardi, c\'est Gerda Hassenfeldt, chef du groupe CSU au parlement régional de Bavière qui a avoué au quotidien conservateur FAZ « regarder de très près et avec une certaine inquiétude » la situation dans notre pays. « Les réformes nécessaires n\'ont pas été, à mon sens, engagées aussi radicalement qu\'elles auraient dû l\'être », a-t-elle conclu.« Inquiétudes » de la CDU pour ParisCette critique est la dernière d\'une longue série. L\'annonce de l\'abandon de l\'objectif de 3 % du PIB pour le déficit français dès cette année a été ressentie comme un très mauvais signe dans les rangs de la chancelière. « Le gouvernement français n\'a même pas commencé à réduire ses dépenses », s\'est ainsi emporté Michael Fuchs, le chef du groupe CDU-CSU au Bundestag. Un peu plus tôt, c\'était Norbert Barthle, député CDU spécialiste des questions financières, qui avouait également que « la France l\'inquiète particulièrement. » Et de mettre en garde : « On peut peut-être accepter un an de plus pour atteindre les objectifs, mais on ne doit pas aller au-delà. » Norbert Barthle et Gerda Hassenfeldt estiment, en conséquence, que Paris met en cause la « crédibilité du pacte budgétaire. »Le gouvernement n\'est pas en reste de critiques à ParisCes attaques répétées viennent en écho aux critiques voilées formulées par les membres du gouvernement fédéral à l\'encontre de Paris, notamment récemment à Strasbourg où Wolfgang Schäuble a qualifié de « sottise » le débat « austérité contre croissance » devant un Pierre Moscovici qui venait d\'affirmer qu\'on ne devait pas « ajouter de l\'austérité à la croissance. » C\'est évidemment la traduction de la exécrable relation entre Paris et Berlin, mais aussi de la volonté du camp conservateur allemand d\'utiliser les difficultés de François Hollande comme argument électoral.Angela Merkel, « digue » contre le « socialiste » françaisIl s\'agit de présenter la politique européenne d\'Angela Merkel comme un « rempart » contre une France dispendieuse et peu disciplinée sur le plan budgétaire. Sans la chancelière, l\'Europe serait, dans cette optique, aux mains de la France et entrerait dans une logique keynésienne. Les digues contre l\'endettement et l\'union de transfert seraient brisées. D\'autant que le SPD a pris des positions très fédéralistes et s\'est placé dans une position très pro-française. Son candidat, Peer Steinbrück, a récemment été reçu à l\'Elysée et la presse allemande en a fait un allié de François Hollande au niveau européen. A l\'autre bout de l\'échiquier politique, les électeurs allemands séduits par le parti anti-euro Alternative für Deutschland (AfD) pourraient finalement être tentés de se porter sur la CDU afin de renforcer la « digue. » C\'est dire si le camp d\'Angela Merkel a tout intérêt à utiliser les critiques de François Hollande, le président « socialiste » (ce qui, en Allemagne, est l\'équivalent de « communiste ») français pour mobiliser son électorat.  

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