Le chef de la Bundesbank, candidat à la présidence de la BCE, défend la rigueur à Paris

Même à Paris, Axel Weber, président de la banque centrale allemande, n'a pas infléchi son discours. Ce candidat au fauteuil de numéro un de la Banque centrale européenne (BCE), occupé jusqu'à novembre prochain par le Français Jean-Claude Trichet, a plaidé mercredi soir sous les lambris de l'hôtel de Beauharnais pour que les pays-membres de la zone euro « poursuivent » leurs efforts d'assainissement de leurs budgets. « La Bundesbank ne se lassera pas d'encourager le gouvernement allemand de tirer profit de la bonne conjoncture actuelle [voir ci-contre l'indice IFO, NDLR] pour un parcours de rigueur plus ambitieux » a-t-il lancé. « Je ne partage pas la crainte exprimée de temps en temps qu'un rapide assainissement des finances publiques étrangle la reprise économique », précise-t-il, ajoutant que la rigueur ramène « la confiance dans la solidité des finances publiques » et est donc « une précondition importante pour une croissance économique saine dans la zone euro ». Ce membre du Conseil des gouverneurs de la BCE est d'ailleurs, comme ses pairs, « confiant » que l'aide reçue par l'Irlande (voir aussi pages 29 et 30) « contribuera à assurer la stabilité du secteur bancaire irlandais ».« Décisions impopulaires »Hormis la rigueur budgétaire, l'autre facteur décisif, selon lui, est la mise en oeuvre de réformes structurelles. « La fronde contre la réforme des retraites en France montre justement que les réformes structurelles sont souvent impopulaires, c'est aussi le cas en Allemagne. Mais le bien être économique d'un pays nécessite de telles décisions impopulaires » souligne Axel Weber. Du petit lait pour Nicolas Sarkozy, sachant que le soutien du président français sera décisif pour attribuer - ou non - le siège de président de la BCE à l'actuel chef de la Bundesbank.Ce dernier n'a pas toutefois changé d'un iota son ode « à la culture de stabilité « de la monnaie, chère aux Allemands, comme la chancelière Merkel l'a aussi rappelé mercredi au Bundestag. « Pour la présidence de la BCE, la nationalité ne doit pas être un critère, mais après une telle crise, la nomination du président de la Bundesbank, incarnant cette culture de stabilité du deutschmark, constituerait un signal positif, rassurant pour les marchés financiers » estime Michael Heise, économiste en chef du groupe Allianz lors d'un entretien avec « La Tribune ». Un argument auquel l'Élysée ne semble guère sensible : selon nos informations, Axel Weber n'y sera pas reçu au cours de sa visite parisienne.Frank Paul Webe

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