Areva plaide pour une autre équipe de France du nucléaire

Anne Lauvergeon ne se démonte décidément jamais ! Alors que la perspective de voir arriver EDF, son principal client et son meilleur ennemi, au capital d'Areva n'a jamais été aussi menaçante, elle ne s'est pas départie de son sourire pour lancer mercredi devant les sénateurs une contre-offensive. N'hésitant pas à égratigner au passage Henri Proglio et sa volonté de redonner à son groupe EDF son rôle de « chef de file » du nucléaire français.« Chef de file, c'est une expression un peu vieux jeu, non. Cela fait un peu chef de rayon », s'est-elle amusée devant la commission de l'économie du Sénat qui l'auditionnait. « On n'est pas en file indienne. Travailler ensemble, chacun dans sa spécialité, pour gagner, est préférable. Cette obsession de chef de file me paraît bizarre », a-t-elle ajouté, provoquant de nombreux sourires, même chez les sénateurs de la majorité présidentielle.« Il y a deux autres grands acteurs français », a souligné Anne Lauvergeon : GDF Suez, « qui a d'ailleurs été retenu par l'État pour mener l'offre française en Jordanie », et Total, « avec sa puissance de feu dans les pays pétroliers qui envisagent de s'équiper en réacteurs ». « Ce qu'il faudrait, c'est qu'on arrive à quatre à se mettre d'accord sur l'essentiel. Ce serait tellement plus efficace qu'arriver en file de pensionnat », a-t-elle lancé.les discussions patinentL'État tente ces jours-ci de boucler de difficiles négociations avec les fonds souverains du Qatar et du Koweït, ainsi qu'avec Mitsubishi, pressentis pour se partager 15 % du capital d'Areva, en apportant entre 1,5 et 3 milliards d'euros. Ces discussions patinent. Un second tour est envisagé début 2011, qui permettrait l'arrivée des « industriels » EDF et Mitsubishi.Si Anne Lauvergeon se déclare « ravie » par l'éventuelle montée d'EDF, qui détient déjà 2,4 % d'Areva, elle persiste à refuser vigoureusement l'entrée de l'électricien au conseil de surveillance qui ferait fuir, selon elle, tous ses clients. Nul doute qu'elle a fait valoir tous ces arguments lors de son rendez-vous avec François Fillon en fin de semaine dernière, en compagnie de Jean-Cyril Spinetta, président du conseil d'Areva. Quant à la fin de son conflit avec EDF sur l'usine Eurodif de Tricastin, annoncé mercredi par le nouveau ministre de l'Énergie, Éric Besson, elle ressemble à une victoire. Mais chez Areva, on prend un air circonspect en soulignant que tout n'est pas réglé.

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaire 0

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

Il n'y a actuellement aucun commentaire concernant cet article.
Soyez le premier à donner votre avis !

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.