Le marché des appels d'offres en bonne santé

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Paradoxalement, l'année 2009 sera l'une des plus actives en matière d'appels d'offres institutionnels. Selon les derniers chiffres d'Amadeis, 87 appels d'offres ont eu lieu à fin septembre « et cela pourrait dépasser les 100 d'ici à la fin de l'année », précise Frédéric Pétiniot, directeur général d'Amadeis. Cela correspond à la moyenne des autres années et reste largement supérieur à l'ensemble de 2007, qui comptait 82 appels d'offres, l'année 2008 étant peu représentative étant donné le nombre important d'entreprises ayant mis en place des plans d'épargne salariale. La même tendance se constate sur le montant des appels d'offres puisque, sur les neuf premiers mois de l'année, 13,7 milliards d'euros ont été confiés à des sociétés de gestion, soit un montant moyen de 157 millions, en légère hausse par rapport à 2008 mais en très forte baisse par rapport à 2007. Une bonne tenue des appels d'offres due « à l'arrivée à échéance de mandats de gestion et aussi à une révision des allocations d'actifs à la suite de la crise », souligne Philippe Benoist, responsable des appels d'offres chez Natixis Asset Management.Mais derrière ces chiffres se cache une tout autre réalité : la prépondérance des placements sécuritaires et en particulier des produits de taux. Les appels d'offres sur le marché des crédits représentent plus de la moitié des montants confiés à des gérants depuis le début de l'année. Une tendance constatée par tous les observateurs de la place. Pour Philippe Lecomte, directeur général de Schroders en France, « la part des actions dans les portefeuilles des institutionnels a augmenté durant le dernier cycle avant la crise, mais depuis le début de l'année, il y a eu un véritable retour vers les obligations ». délégation de gestionEt même si cette classe d'actifs est souvent gérée en direct par les institutionnels sur les produits les plus simples, comme les obligations d'État, la délégation de gestion reste de mise sur des produits plus complexes. D'ailleurs, pour Samuel Raoul, consultant chez bfinance, « les investisseurs se sont fortement portés sur les obligations depuis le début de l'année mais aujourd'hui, ils recherchent des stratégies de gestion active de la duration pour éviter une surexposition structurelle à la courbe des taux ».À l'inverse, les appels d'offres sur les actions ont été assez rares depuis le début de l'année. « Affectés par la baisse des marchés financiers, les investisseurs ont laissé pendant un certain temps les actions de côté, mais ils commencent à regarder de nouveau cette classe d'actifs », explique Frédéric Pétiniot. Dans l'attente d'une stabilisation de la reprise des marchés, les investisseurs commencent à s'organiser pour revenir sur les actions, principalement sur des grandes capitalisations, européennes ou américaines, les marchés émergents étant encore sous-utilisés.Mais ce qui a marqué l'année 2009, c'est un retour vers une gestion plus active des portefeuilles. « C'est la fin des fonds diversifiés et la mise en place d'une allocation tactique avec des fonds actions d'un côté, des fonds obligataires de l'autre et des fonds d'allocation au centre », remarque Samuel Raoul. Philippe Benoist observe pour sa part « une demande de renouvellement des approches sur la gestion diversifiée, avec notamment une attente sur une gestion plus flexible, privilégiant un pilotage par budget de risque et moins focalisée sur un benchmark ». Là encore, c'est une tendance que tous les observateurs constatent, cette technique permettant aux investisseurs de ne plus être bloqués par un indice de référence et de bénéficier de la volatilité des marchés grâce à une poche gérée en externe. Ainsi, sans perdre leur vision de long terme, « la volatilité permet aux institutionnels de se reconstituer des marges de man?uvre pour aller sur d'autres classes d'actifs moins risquées », souligne Philippe Lecomte. Au final, la gestion alternative, en vedette ces dernières années pour générer de la performance, a été remplacée par la gestion en performance absolue. Et même « si certains investisseurs regardent de nouveau la gestion alternative, c'est dans le cadre de produits réglementés et plus transparents qu'auparavant », continue Philippe Lecomte.Dernière classe d'actifs à avoir presque disparu des radars, les fonds monétaires. Très utilisés l'an dernier pour leur rémunération avan- tageuse, ces fonds ont été délaissés dans les appels d'offres cette année, même si beaucoup d'investisseurs conservent une part importante de leur cash sur ce type de produits pourtant peu rémunérateurs. Enfin, le paysage a tendance à changer concernant les sociétés de gestion sélectionnées par les investisseurs. En effet, les petites maisons grignotent de plus en plus de parts de marché aux acteurs les plus gros. poches actions « L'année 2009 a marqué le retour de la gestion active dans les portefeuilles pour répondre à la conjoncture des marchés, mais la structure des grandes maisons n'est pas toujours bien adaptée à une vraie gestion active », estime Samuel Raoul. Sur ce point, la gestion des poches actions est plus souvent confiée aux « boutiques » tandis que celle de taux fait la part belle aux filiales de gestion des grands établissements financiers. Une tendance qui pourrait se confirmer. nLa tendance est à une gestion plus flexible, privilégiant un pilotage par budget de risque et moins focalisée sur un benchmark.

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