Le constructeur n'a pas d'autre choix que de produire chez lui

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Il y a trente ans au moins que... Fiat a des problèmes dans ses usines ! Si le constructeur automobile avait automatisé à outrance les chaînes de Cassino (centre de l'Italie) au tournant des années 80 et 90, c'est bien parce qu'il n'arrivait pas y à obtenir un travail de qualité. Las, l'expérience a un peu tourné court, car les installations étaient si complexes (sans doute parmi les plus sophistiquées du monde) que les dysfonctionnements techniques étaient légion, avec un coût de maintenance prohibitif. Quant à l'usine Alfa Romeo de Pomigliano d'Arco, près de Naples, née au début des années soixante-dix des souhaits du gouvernement italien d'industrialiser le Mezzogiorno, elle a toujours souffert d'un absentéisme record et d'une inefficacité structurelle ! Quand l'Etat italien a cherché à se dessaisir d'Alfa Romeo, nationalisé au lendemain de la guerre, Fiat a hérité du problème au milieu des années 80.Cela dit, malgré ses rodomontades de dimanche, Sergio Marchionne dispose d'une marge de manoeuvre industrielle un peu limitée. Certes, il pourrait en principe regrouper sa production sur quelques sites-phare transalpins, sous-employés. Mais, il ne dispose pas de beaucoup de capacités disponibles hors de l'Italie. Son site polonais de Tychy (6.100 personnes, Fiat Panda et 500, Ford Ka), le plus productif du groupe, est aujourd'hui à saturation. C'est déjà l'une des plus grosses usines automobiles d'Europe. Difficile d'en accroître les capacités. endettementL'usine serbe de Kragujevac, récemment acquise, a une vocation précise : faire des véhicules de très bas de gamme. Il s'agit d'un petit site, dont les process doivent être revus de fond en comble. Délicat d'y accroître brusquement le potentiel. Les chaînes en Turquie tournent aussi à la limite. Déjà, les utilitaires légers y sont fabriqués, y compris pour l'Europe de l'ouest. Et puis... c'est tout. L'énorme site brésilien de Betim (9.600 personnes) a déjà fort à faire pour satisfaire le marché du Mercosur. Et, vu les parités monétaires et les coûts logistiques, la réexportation vers l'Europe, peu rentable, ne peut-être que marginale. Par ailleurs, Fiat est très peu présent en Russie, Chine, Inde. Et le turinois ne va pas délocaliser chez son allié Chrysler, outre-Atlantique, pour rapatrier ensuite 95 % de ses petites voitures vers l'Europe !Fiat, qui emploie 27.000 personnes dans ses usines italiennes, doit donc continuer à fabriquer ses véhicules dans son pays d'origine. Faute d'autre solution. Et, vu son endettement, on le voit mal investir un milliard d'euros dans une toute nouvelle usine en Europe de l'est. Alain-Gabriel Verdevoye

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