La pénurie de logements fait flamber les prix à Paris et en Île-de-France
La Tribune
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Alors que les experts immobiliers tirent depuis des mois la sonnette d'alarme sur la situation du logement à Paris et en Île-de-France, les notaires ne peuvent que constater l'envolée des prix. En dépit d'un contexte économique qui reste difficile, « jamais les prix de l'immobilier n'ont été aussi élevés sur le marché parisien », a martelé jeudi Thierry Delesalle, le président de la commission de conjoncture de la Chambre des notaires de Paris.Le prix moyen a dépassé dans la capitale les 7.000 euros du mètre carré au troisième trimestre 2010 au point d'atteindre 7.030 euros/m2, à comparer à 6.080 euros/m2 au deuxième trimestre 2009, 6.640 euros/m2 au troisième trimestre 2008 et... à peine plus de 3.000 euros en 1992. En d'autres termes, la très faible correction des prix intervenue en 2009 n'est déjà plus qu'un souvenir.En outre, la flambée des prix ne concerne pas seulement les quartiers les plus chics de la capitale et les biens les plus cotés, comme ce triplex de 190 mètres carrés dans le XIe arrondissement proposé 20.930 euros du mètre carré. Elle atteint aussi les arrondissements moins cotés, comme le Xe (+ 18,8 % sur un an à 6.540 euros du mètre carré), ou le XXe (+ 12,5 % sur un an à 5.770 euros du mètre carré). Cette envolée est aussi notable en petite couronne (+ 11,5 % sur un an à 4.030 euros du mètre carré) et en grande couronne (+ 8,9 % sur un an à 2.990 euros du mètre carré).Valeur d'usageCette situation traduit aussi le dynamisme retrouvé du marché immobilier francilien - avec 212.000 transactions au troisième trimestre 2010, contre 188.600 au deuxième trimestre 2009 - et est liée à une conjonction de phénomènes rationnels - taux d'intérêts bas et souhait des Franciliens de mettre un toit sur leur tête ou de préparer leur retraite. De fait, à la différence des actions en Bourse, l'immobilier a une valeur d'usage et n'a pas la réputation de perdre la moitié de sa valeur en une journée !Mais cette situation très instable est aussi due au très haut niveau des loyers et à la hausse des prix elle-même, qui s'auto-alimente dans un contexte où la pénurie de logements devient aiguë. Elle ne s'explique pas en tout cas par un phénomène extérieur artificiel : la part dans les transactions des acheteurs étrangers est en repli (6,3 % en 2010, contre 7,7 % en 2009).Aussi, Christian Lefebvre, le président de la Chambre des notaires de Paris, souligne « l'absolue nécessité de s'attaquer dans notre pays et spécialement en Île-de-France à la situation du logement. La pénurie de logements de qualité s'accentue avec un effort de construction insuffisant qui ne répond même pas aux exigences de renouvellement d'un parc immobilier qui vieillit. Il est plus que temps de desserrer l'étau qui paralyse la demande de logement. Sinon, notre société sera malade parce qu'elle consacrera trop de ressources à son logement ». Le besoin de logements en Île-de-France est estimé à 60.000 à 70.000. Seuls 34.852 logements neufs y ont été mis en chantier en 2009.
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