Le regard politique d'Hélène Fontanaud : qu'est-ce qui rendra son sourire à Nicolas Sarkozy ?

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Mercredi midi, avant même la pause déjeuner, à l'issue d'un Conseil des ministres dont certains disent qu'il fut marqué par une tension avec François Fillon, ce que démentent d'autres témoins, c'est ainsi que Nicolas Sarkozy est apparu sur les écrans de télévision pour une allocution solennelle destinée à tirer les leçons du scrutin, marqué par la défaite historique de son camp. Le visage grave, le président d'une république épuisée et déprimée a annoncé qu'il ne changeait pas de cap mais mettait quand même la barre à droite toute, pour tenter de rassembler toutes ces familles de la majorité à nouveau éparpillées, entre abstention boudeuse et protestation extrémiste. Jeudi soir, même mine préoccupée à Bruxelles pour le sommet européen. Et soudain, l'inattendu s'est produit. Un photographe a saisi un échange entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. Le poing serré, le chef de l'État affiche un sourire, certes encore un peu crispé, après l'accord conclu sur l'aide à la Grèce. « J'ai la banane »Nicolas Sarkozy avait donc besoin d'une victoire, même timide, pour, souvenez-vous, il le disait lui-même il y a un an tout juste, avoir « la banane ». « Je me fais taper dessus mais j'ai la banane. C'est dur pour moi aussi mais en même temps, je rêvais d'être président de la République et je le suis, donc ça va... » avait dit le chef de l'État aux députés UMP qu'il avait invités à l'Élysée pour un cocktail. Leur dira-t-il la même chose mercredi prochain quand il les recevra à nouveau en son palais ? Pas sûr. Il y a un an, le socialiste François Hollande avait ironiquement relevé que, si le chef de l'État avait la forme, les Français avaient, eux, « les peaux de banane »... Coups fourrés à l'UMPEh bien, Nicolas Sarkozy s'est rapproché de son peuple car, depuis la défaite des régionales, c'est chausse-trappes et coups fourrés à volonté à l'UMP ! Tempête de reproches contre un président accusé de privilégier « les cordons de sécurité à l'empathie » lors de ses déplacements en province, tirs groupés contre le rythme des réformes et l'ouverture, promotion du Premier ministre comme « recours » pour 2012, lancement du parti de Dominique de Villepin, n'en jetez plus ! Cerise sur le gâteau, un sondage publié vendredi donne pour la première fois la socialiste Martine Aubry victorieuse face au chef de l'État dans un duel présidentiel. Il n'y a vraiment pas de quoi sourire et on peut raisonnablement penser que c'est avec le départ de la crise et le retour de perspectives économiques un peu plus souriantes que Nicolas Sarkozy retrouvera sa « banane »... À temps pour 2012 ?

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