La Free school de Xavier Niel formera «1.000 génies » par an gratuitement

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Elle ne s\'appellera pas la « Free school » même si elle sera bien gratuite, mais « 42 » un nombre révéré par les geeks, « l\'ultime réponse à la vie, l\'univers et le reste » selon le livre culte de science fiction « le Guide du voyageur galactique » de Douglas Adams. Cette école qui ouvrira réellement ses portes en novembre prochain dans le XVIIe arrondissement de Paris, permettra de « former 1.000 génies par an » selon Xavier Niel, le fondateur multimilliardaire de Free, qui finance sur ses deniers personnels cette initiative d\'un coût de 20 millions d\'euros. Les candidats, âgés de 18 à 30 ans avec ou sans le bac, peuvent s\'inscrire en ligne dès ce mardi sur le site de l\'école et devront remplir des questionnaires sous forme de jeux. Les 4.000 meilleurs profils seront retenus puis mis en compétition cet été pendant un mois d\'immersion consacré à la programmation à raison de 15 heures par jour (la « piscine »), en quatre vagues. Seuls 1.000 d\'entre eux, les meilleurs  et les plus motivés, seront gardés pour la rentrée qui débutera en novembre. La formation, entièrement gratuite sans remboursement ultérieur, durera 3 ans, ou 5 ans en fonction des individus. Aucun diplôme certifié à la sortie, mais une expertise technique en programmation informatique, des compétences très recherchées : architecte logiciel ou réseau, développeur web ou de jeux vidéo, expert en sécurité, administrateur réseau, chef de projet informatique, etc.Après l\'internet et le mobile, faire la « révolution » dans l\'éducation « Cela fait 25 ans que je crée des entreprises de nouvelles technologies. Le problème ce n\'est pas de trouver les idées mais les talents » observe Xavier Niel. Or « aujourd\'hui on a le choix entre des universités qui ne forment pas des gens créatifs et des écoles privées dont le critère d\'entrée est l\'argent » déplore ce patron iconoclaste, qui a arrêté ses études en classe prépa scientifique et reconnaît qu\'il n\'était « pas un cancre. » Fidèle à son leitmotiv, il propose de faire « la révolution. Il faut tout changer, créer une nouvelle voie d\'accès au succès. » Cette nouvelle école « sera un endroit différent, une pédagogie vraiment innovante, ouverte à tous même à des jeunes en échec scolaire, et des infrastructures de haute qualité » a-t-il promis mardi matin, lors d\'une conférence de presse au siège d\'Iliad, la maison-mère de Free, entouré des trois autres initiateurs du projet : le directeur général de « 42 », Nicolas Sadirac, fondateur de l\'école informatique Epitech et de la Web@cademie avec Kwame Yamgnane, qui sera DG adjoint tout comme Florian Bucher, un ancien d\'Epitech. Leur ambition est de créer « la meilleure école d\'informatique en France » et « l\'école du futur », dans de beaux locaux tout neufs de 4.242 m2 appelés « Heart of Code », ouverts 24h/24 7 jours/7, « avec des Apple iMac de dernière génération à écran de 27 pouces ». Pourfendant un système « qui ne sait créer que des gens standards », Nicolas Sadirac imagine « une école 2.0, une école du peer-to-peer », où l\'apprentissage doit être collectif, considérant que « la connaissance n\'a plus d\'importance aujourd\'hui, tout est sur Google, il faut développer des compétences. »Un organisme à but non lucratif financé pour 10 ans par Xavier Niel lui-même Xavier Niel n\'en est pas à sa première initiative dans le domaine. Il est avec ses compères Marc Simoncini, le fondateur de Meetic, et Jacques-Antoine Granjon, celui de Vente-privée, à l\'origine de la création de l\'école des métiers de l\'Internet (EEMI), située au Palais Brongniart, qui accueille 150 élèves, payant leur scolarité 8.000 euros par an, « plutôt pour des formations webmasters » souligne l\'homme le plus riche du Web français - au cours actuel sa participation de 59% dans Iliad vaut quelque 5,5 milliards d\'euros. « 42 » est un organisme à but non lucratif « financé en totalité par moi-même et j\'apporte le financement pour 10 ans » a-t-il expliqué, soit 50 millions au total sur les 10 ans (l\'équivalent de 5.000 euros par étudiant). Déplorant le retard pris par la France, qui n\'est qu\'au 20e rang mondial sur le plan du numérique, il considère que « seule l\'initiative privée peut faire avancer les choses. Ce n\'est pas la peine de compter sur les pouvoirs publics qui ne regardent que le passé et ce qui peut être « sauvable », mais jamais l\'avenir » a-t-il lancé, comme une réponse aux critiques du gouvernement sur les dégâts causés par l\'arrivée de Free Mobile dans le secteur des télécoms. « On va former 1.000 personnes brillantissimes par an et avec un facteur multiplicateur on va pouvoir générer 10.000 emplois supplémentaires » s\'emballe-t-il. « Chez Free, nous sommes toujours en manque de talent. On veut étendre le gisement, le vivier » fait-il valoir, affirmant que « on n\'aurait pas fait la Freebox avec des gens sortis d\'écoles d\'ingénieurs. » 

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Commentaires
a écrit le 15/07/2014 à 6:20 :
Voilà une personnalité consciente des enjeux et des réalités ! C'est très rare ... surtout dans une société comme la nôtre bourrée de préjugés et totalement figée par ses vielles méthodes d'enseignement. Eh oui messieurs les professeurs, le vieux système avec son Bac comme condition d'accès à ... est peut être ENFIN en passe d'être dépassé par des réalités plus ... objectives !

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