Dette et déficits : fortunes diverses au sein de l'Union européenne

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Le déficit public, point faible de la France. La France dépense toujours trop. Malgré un repli en 2010 (7 % du PIB contre 7,5 % en 2009), le déficit public de l'Hexagone reste supérieur à la moyenne des pays de la zone euro, qui s'établit à 6 % de la richesse nationale. Conséquence : la dette se creuse pour atteindre en 2010 1.591 milliards d'euros, en augmentation de 4 points de PIB sur un an. Comme la plupart de ses voisins, la France franchit la barre symbolique des 80 % du PIB (81,7 %, contre 78,3 % en 2009). Mais selon Frédérique Cerisier, économiste chez BNP Paribas, la situation aurait pu être bien pire. « Plus le déficit public est élevé, plus la dette est importante et plus il est difficile de la stabiliser. La faiblesse de l'augmentation de la dette française par rapport à 2009 est donc un signe positif ». Pour expliquer ce phénomène, l'économiste invoque les « efforts de réduction des besoins de trésorerie de l'État » et le remboursement, par les banques et les constructeurs automobiles, d'une partie des prêts octroyés pendant la crise. À l'image de Renault et de PSA, qui ont versé ce mardi à l'État la dernière traite de leur prêt d'un montant total de 6,2 milliards d'euros. Pour ce qui est des engagements de la France auprès des économies européennes secouées par la crise de la dette, Christine Lagarde a fait le point la semaine dernière devant les députés. Pour aider la Grèce, la France s'était engagée en mai 2010 à participer à hauteur de 16,8 milliards d'euros sur trois ans. « À ce jour, 9 milliards ont été décaissés « a indiqué la ministre de l'Économie. En ce qui concerne le Portugal, aucun montant n'est actuellement précisé et pour l'Irlande la garantie française se monte à 5,4 milliards. L'Allemagne et l'Italie, championnes de la dette. Avec une ardoise de 2.079 milliards d'euros en 2010, l'Allemagne devient aussi le pays le plus endetté d'Europe en valeur absolue. Au coude-à-coude avec l'Italie en 2009, la dette allemande a explosé de 10 points de PIB en 2010. La conséquence, selon l'économiste Alexandra Estiot chez BNP Paribas, de la recapitalisation de certaines banques régionales. Mais si l'Allemagne creuse sa dette, le pays peut compter sur une croissance forte (3,6 % en 2010) et une politique volontariste de rigueur budgétaire pour limiter ses déficits : seulement 3,3 % du PIB, alors que la moyenne européenne est de 6,4 %. Tout le contraire de l'Italie. Paralysée par une dette abyssale qui représente 119 % du PIB, la botte méditerranéenne peine à réduire son déficit public. Le gouvernement compte sur le « programme de stabilité » décidé en avril pour revenir à l'équilibre budgétaire d'ici 2013. Les Pigs, mauvais élèves. Le bateau des Pigs (Portugal, Irlande, Grèce, Espagne) prend l'eau. L'Irlande, qui a demandé cet hiver un prêt de 85 milliards d'euros du FMI et du Fonds européen de stabilité financière (FESF), a vu son déficit budgétaire être multiplié par plus de deux à 32,4 % du PIB contre 14,3 % en 2009, 7,3 % en 2008 et 0,1 % en 2007... La Grèce (10,5 %), l'Espagne (9,2 %) et le Portugal (9,1 %) sont les autres maillons faibles des déficits publics, rejoints par le Royaume-Uni (10,4 %). La dette grecque atteint 142,8 % du PIB, bien loin devant l'Irlande (96,2 %) ou le Portugal (93 %). Alexandra Estiot nuance la portée de ces chiffres. « Les États-Unis sont à 10,6 % de déficit public et leur dette menace d'atteindre les 100 % du PIB. Au Japon, c'est pire encore avec une dette de 220 % du PIB. Les moyennes européennes [85 % du PIB pour la dette, 6,4 % de déficit public, Ndlr] ne me paraissent pas si extravagantes ».

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