Le marché des quotas de carbone déprime

Le premier marché du CO2 au monde est européen. Après la conférence de Kyoto de 1997, l'Union européenne a choisi de recourir au marché pour réduire ses émissions de CO2 : les entreprises polluantes se sont vu attribuer des quotas, commercialisables si elles émettent moins que prévu. Un système d'échange a été mis en place, mais il souffre de deux problèmes : l'attribution de quotas gratuits, qui limitent le signal prix, et la surabondance. Pour sa deuxième période, qui court de 2008 à 2012, le marché se retrouve submergé de quotas. Du moins pour 2009, qui a vu l'activité industrielle mise en veille. Une offre de CO2 plus abondante que la demande, et voilà les cours à la peine : ils ont sombré jusqu'à 8 euros en avril, pour remonter près des 15 euros ces derniers jours, aspirés par les cours du pétrole. Et aussi par l'espoir de jours meilleurs côté conjoncture. Les quotas 2009 alloués à chacun des 11.000 sites émetteurs de CO2 peuvent en effet être utilisés jusqu'en 2020. « Les vendre plutôt que les utiliser présenterait peu d'intérêt puisque les cours sont bas », assure un spécialiste. Seuls les producteurs d'électricité semblent maîtriser ce qui se passe sur le marché. Munis d'une ribambelle de traders qui ont déjà fait leurs armes sur les marchés à terme du charbon, du gaz ou du pétrole, les plus gros émetteurs de CO2 gèrent finement leur déficit chronique de quotas, arbitrant entre gaz et charbon comme combustible, en fonction de l'évolution du CO2. Ce qui se passe en ce moment.distorsionsBon nombre de secteurs restent encore à la préhistoire du marché des quotas, et n'interviennent pas, ou peu, sur le marché, comme les petites installations industrielles (papetiers, chimistes). D'autres thésaurisent, par stratégie. Ce qui semble le cas d'ArcelorMittal, qui détient 4 des 10 sites les plus polluants d'Europe, et avait déjà reçu en 2008 20 millions de tonnes de CO2 de plus que ses émissions. Sur l'année 2009, le sidérurgiste en a de nouveau à revendre, ce qu'il ne fait pas pour l'instant, attendant sans doute des prix plus élevés. Certains y voient un signe d'inefficacité du marché. « Il souffre de distorsions, notamment en raison de l'allocation gratuite des quotas qui limite l'intérêt des investisseurs pour le march頻, déclarait hier Mark Fulton, responsable de la recherche sur le climat à la Deutsche Bank. Aline Robert

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