Australie : l'agriculture s'inquiète des quotas de CO2

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Pas de taxe carbone en Australie mais un marché de quotas qui, selon l'annonce faite par le gouvernement fédéral en juin dernier, devrait entrer en application en juillet 2011. Il espère toujours adopter le projet de marché de permis d'émissions de gaz à effet de serre avant la fin de l'année. L'objectif de ce système, inspiré de celui mis en place dans l'Union européenne, est de faire baisser de 25 % en 2020, le volume de gaz à effet de serre émis par le pays en 2000. Le projet fait débat en Australie, notamment dans le secteur agricole, qui représente aujourd'hui 17 % des émissions du pays et que le gouvernement prévoit d'inclure à l'horizon 2015, « le temps de mesurer les volumes émis par chaque exploitation », explique David Pearce de l'Institut australien pour l'agriculture.L'impact promet déjà d'être important pour les 125.600 propriétés du pays dont la rentabilité pourrait baisser de 5 % à 90 % selon les productions concernées. Pour les agriculteurs dans leur ensemble, l'addition s'annonce salée. « Entre les coûts supplémentaires liés à l'acquisition des quotas, les investissements nécessaires pour réduire les émissions de CO2 et les augmentations des prix de l'énergie ou du transport, la valeur des productions agricoles pourrait perdre 2,4 milliards de dollars (1,6 milliard d'euros) par an en 2020 et près de 11 milliards (6,5 milliards d'euros) en 2030, soit un quart des résultats enregistrés l'an pass頻, s'inquiète le président de la National Farmer's Federation (NFF), David Crombie. Sur un secteur déjà lourdement endetté depuis les dernières sécheresses, un tel manque à gagner pourrait provoquer de sérieuses réductions d'emplois pendant que le manque de compétitivité de certains produits sur les marchés internationaux obligerait l'Australie à passer du rang d'exportateur à celui d'importateur. « Ce qui annulerait l'intérêt environnemental du système et représenterait une perte sèche pour l'économie du pays », redoute le président de la NFF.les éleveurs touchésTout le monde ne sera pourtant pas touché au même degré mais les éleveurs risquent de payer le prix fort en raison du méthane émis par les ruminants, un gaz vingt fois plus nocif que le dioxyde de carbone sur le climat. « Les premiers concernés vont être les producteurs de viande, de laine et produits laitiers, pendant que les céréaliers ne devraient pas trop sentir la différence, tout comme les secteurs du maraîchage ou de l'horticulture qui pourraient même en sortir gagnant », précise David Pearce. En effet, les cultivateurs qui émettront moins que leurs quotas seront autorisés à revendre leurs surplus.Les fermiers espèrent également que le gouvernement accepte d'inclure dans son schéma les techniques qui récompenseront les bonnes pratiques agricoles, comme le reboisement et surtout la géo-séquestration. « Il faut autoriser l'agriculture à contribuer à la réduction des émissions », insiste un lobbyiste de Canberra. Ceux qui s'équiperont de tels puits pourront stocker leur propre carbone et celui des autres dans le sous-sol des terres qu'ils exploitent. Une solution qui rapporterait à terme entre 1 et 2 milliards d'euros par an aux heureux propriétaires de telles installations.

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