L'Asie organise sa propre zone de libre-échange

CommerceLa construction de l'Union européenne (UE) est-elle une référence à travers le monde ? On peut le croire à l'issue des travaux du sommet de l'Asean (Association des nations du Sud-Est asiatique) qui s'est tenu ce week-end à Hua Hin et Cha-Am, dans le sud de la Thaïlande. Ses dix pays membres auxquels s'étaient joints la Chine, le Japon, la Corée du Sud, l'Inde, l'Australie et la Nouvelle-Zélande, ont souvent évoqué l'UE pour justifier une nouvelle étape vers la création d'un marché libéralisé d'ici à 2015. Un marché commun qui, à la lumière de la dernière crise financière, fera moins dépendre l'économie du continent de la demande occidentale, notamment américaine.un « plan Marshall » Selon la ministre du Commerce indonésien, Marie Elka Pangestu, l'Asean a signé des accords de libre-échange avec la Chine, la Corée du Sud et le Japon. En revanche, il reste encore à les finaliser avec l'Inde, l'Australie et la Nouvelle-Zélande. D'ores et déjà, la Chine et l'Asean devraient, dès 2010, constituer une zone de libre-échange qui comptera 1,9 milliard de personnes, et constituera la troisième zone d'échanges du monde. Pékin a mis sur la table les moyens d'un véritable « plan Marshall » pour la région, avec la constitution d'un fonds d'investissement pour la coopération riche de 10 milliards de dollars et un crédit commercial de 15 milliards de dollars pour développer les infrastructures dans les pays membres de l'Asean. Le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, a d'ailleurs précisé que 1 milliard de dollars serait débloqué à cet effet avant la fin de l'année.Projet ambitieux Au-delà de l'économie, des propositions ont été avancées sur une future intégration politique. Si tous les participants se sont accordés à dire que le processus serait long, au moins vingt ans, les voies à emprunter restent encore à définir. Selon les confidences de certains diplomates, deux projets sont en lice sur fond de leadership de la zone. La Chine pencherait pour une première intégration incluant les pays de l'Asean et elle-même. De son côté, le Premier ministre japonais, Yukio Hatoyama, a proposé un projet plus ambitieux puisqu'il s'agirait d'une intégration de tous les pays asiatiques avec la création d'une monnaie unique. Il offre même l'option d'une participation des États-Unis.En attendant, l'ensemble des participants s'accordaient au moins sur un point, une telle union, qu'elle qu'en soient les modalités, permettrait d'avoir une position plus solide pour peser lors des grandes négociations internationales, en particulier sur le problème du dollar comme monnaie de réserve (voir ci-dessous). n

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