Pierre Fabre limoge son directeur général

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Il ne fait pas bon d'être directeur général chez Pierre Fabre. Selon nos informations, Olivier Bohuon, qui avait pris les commandes du laboratoire pharmaceutique en septembre dernier, est sur le départ. « À Castres [Tarn, siège du groupe, Ndlr], on ne parle que de ça. L'annonce devrait être faite dans les jours à venir », indique un proche du dossier. L'intéressé avait succédé à Jean-Pierre Garnier, ancien patron du britannique GSK, lui-même remercié moins de deux ans après sa nomination. Âgé de 51 ans, Olivier Bohuon était arrivé de Chicago où il assurait les fonctions de vice-président exécutif du laboratoire américain Abbott. Chez Fabre, il pilotait aussi la branche médicaments.La cause de son départ ? « Comme avec Jean-Pierre Garnier, les choses ont commencé à se gâter lorsqu'Olivier Bohuon s'est attaqué aux domaines réservés du président-fondateur Pierre Fabre », croit-on savoir dans l'entourage du troisième laboratoire français derrière Sanofi et Servier. À savoir, les activités de dermo-cosmétiques du groupe (marques Avène, Klorane et Ducray), qui représentent la moitié du chiffre d'affaires (sur un total de 1,8 milliard d'euros en 2009) devant les médicaments de prescription et l'automédication. Placée sous la responsabilité de Jacques Fabre, le neveu du patron, la dermo-cosmétique a été épargnée par le vent de modernisation - et d'une remise en ordre financière - insufflé par Jean-Pierre Garnier à la branche pharmacie. Au point qu'Olivier Bohuon aurait parlé de « musée » à leur propos... Ces velléités de réforme semblent avoir été le point d'orgue d'une relation déjà difficile avec le fondateur du groupe : « Olivier Bohuon vivait à Paris beaucoup plus qu'à Castres, organisait les réunions dans la capitale », relate-t-on en interne. Un crime de lèse-identité pour une entreprise ancrée dans le Tarn au point d'être le deuxième employeur privé de Midi-Pyrénées (derrière Airbus), avec plus de 9.000 salariés dans la région.De nombreux numéro deuxCe nouveau départ pose une fois de plus la question de la succession chez Pierre Fabre dont le dirigeant, âgé de 85 ans et dépourvu d'héritiers directs, a logé son groupe dans une fondation. Une situation qui n'est pas sans rappeler celle de Servier, l'autre grand laboratoire français indépendant, dont la gouvernance est plus que jamais remise en question aujourd'hui sur fond de scandale Mediator (voir « La Tribune » du 26 janvier). À l'inverse de Servier où l'on peine à identifier les numéros deux, chez Fabre toutefois, ils sont un peu trop nombreux et changeants. Bien avant Jean-Pierre Garnier et Olivier Bohuon, en 2001, c'est Jean-Luc Bélingard (devenu par la suite patron d'Ipsen) qui avait démissionné après une fusion avortée avec Biomérieux. Il avait été remplacé début 2003 par Roch Doliveux, parti chez le suisse UCB dès l'automne de la même année. Aujourd'hui, une fois de plus, tout est à refaire.

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