L'éditorial de philippe mabille

En proposant d'inviter, au coup par coup, la Chine aux réunions du G8, le Japon a crevé l'abcès?: les progrès de la gouvernance mondiale sont trop lents pour faire avancer la prise de décision dans un monde interdépendant. Instance purement informelle, le G20, créature de la crise, reste une utopie mondialiste menacée par le syndrome onusien. Le slogan qui lui a donné naissance demeure?: à crise globale, réponse globale. Mais dans la pratique, nous n'avons assisté jusqu'à présent qu'à l'addition de réponses locales ou régionales en Europe. Certes, le monde dit « développ頻 a tiré des leçons de la crise, en réformant les trous de la supervision de la finance. Mais à l'exemple de la nouvelle régulation financière imposée par Barack Obama, les banques ont, par leur lobbying, relativement bien tiré leur épingle du jeu, au regard des promesses des premiers G20. Exit donc, pour un bon moment, l'augmentation des exigences en fonds propres, qui risquerait de pénaliser le crédit au moment où l'économie repart. Quant aux taxes bancaires, elles resteront d'initiative nationale. Surtout, le G20 de Toronto n'a pas réussi à sortir du dilemme entre rigueur et relance. L'Europe, assiégée par les marchés, préfère courir le risque de la déflation que celui de la faillite, en espérant que la demande privée prendra le relais?; les États-Unis et le monde émergent préfèrent mener la course de la croissance en tête, sans trop se soucier des déséquilibres que cela engendre. Et la Chine reste arc-boutée dans une stratégie de passager clandestin, faisant un simple geste politique sur sa monnaie, sans procéder à la réévaluation réclamée de ses partenaires. De sorte qu'un G9 avec la Chine serait sans doute plus réaliste qu'un G20 impuissant, condamné aux incantations. pmabille@latribune.f

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