Les institutionnels se tournent vers des classes d'actifs moins liquides

Les mouvements de réallocation des portefeuilles des investisseurs institutionnels se poursuivent en faveur de classes d'actifs moins liquides. C'est le constat de la 4e édition du « bfinance Pension Fund Asset Allocation Survey » réalisé par bfinance. Le cabinet de conseil en sélection de gérants a interrogé, en pleine crise des souverains, 50 investisseurs originaires d'Europe et d'Amérique du Nord représentant des fonds de pension publics et privés, des familly offices, des fonds de dotation et des assureurs représentant 92 milliards d'euros d'actifs sous gestion.À la suite du rebond des marchés actions en 2009, « les fonds de pensions préfèrent se délester des actions pour accentuer la diversification de leur allocation en ouvrant davantage leur portefeuille à des placements à liquidité réduite comme les infrastructures, l'immobilier, le capital-investissement, mais moins volatils et à un horizon d'investissement plus long, adapté à leur contrainte de passif », indique Muriel Nahmias, senior director chez bfinance. L'objectif étant de capter la prime de risque qu'offre ce type de placement. Ainsi, sur six mois et trois ans, les intentions d'investissement des répondants sur les infrastructures sont positives (+ 16 % et + 31 %). Même constat sur le capital-investissement (+ 11 % et + 19 %) et l'immobilier (+ 20 % et + 9 %). Sur ce dernier actif, « l'allocation cible n'a globalement pas changé par rapport à décembre 2009 pour la majorité, après avoir été la classe d'actifs la plus sollicitée par notre panel entre avril et décembre 2009. Mais l'immobilier redevient à nouveau la classe d'actifs favorite dans les intentions d'investissement pour les 6 mois à venir ».Cap sur la dette émergenteAutre classe d'actifs « core » des portefeuilles qui bénéficient des réallocations des investisseurs : les obligations, notamment sur la dette émergente, avec 22 % d'intentions nettes positives sur trois ans. Quant aux hedge funds, le sentiment des investisseurs semble redevenir positif, au profit de l'« absolute return » et de l' « alpha portable ». Ce qui démentirait les statistiques de l'industrie. À ce jeu des réallocations, les grandes perdantes sont les actions qui sont délaissées à court et moyen terme (- 17 % et - 37 %). Ces revues stratégiques d'allocation d'actifs entraînent aussi des changements de gérants. Ainsi, en moyenne, 16 % des actifs sous gestion des répondants ont été placés sous revue depuis le début de l'année et 10 % ont changé de main.Structurellement, avec ces choix d'allocation, les investisseurs cherchent à matcher leur passif avec des actifs plus stables et potentiellement décorrélés des classes d'actifs « core ». Tout va à l'encontre des actifs risqués, la réglementation ne favorisant pas ces placements. « Les changements réglementaires à venir (normes comptables) contraindront les fonds de pensions privés qui pourront moins étaler les pertes actuarielles de leur plans à prestation définies, explique Muriel Nahmias. Ainsi, ils sont incités à réduire leur exposition aux actifs risqués, ou à diversifier leur portefeuille afin de réduire le risque. » Les impacts sont du même ordre pour les assureurs avec Solvabilité 2.

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