La terre, « partie de l'identité nationale »

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« La France a un lien charnel avec son agriculture et, j'ose le mot, avec sa terre. [?] La terre fait partie de l'identité nationale française.?» Cette phrase a sans doute été mûre­ment pesée à l'Élysée. Et Nicolas Sarkozy est ainsi entré hier de plain-pied dans le débat relancé avec fracas par le ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale, Éric Besson, à cinq mois d'élections régionales à risques pour la majorité. Notamment en raison de la crainte d'une résurgence du Front national d'extrême droite.En faisant ce lien entre la terre et l'idée de nation, Nicolas Sarkozy savait qu'il allait réveiller l'histoire en exhumant la célèbre phrase du maréchal Pétain, prononcée en juin 1940, à l'orée du régime de collaboration avec l'Allemagne nazie. «?La terre ne ment pas. Elle demeure votre recours, elle est la Patrie elle-même?», avait lancé le futur dirigeant du régime de Vichy.Mais Nicolas Sarkozy a rappelé hier qu'il avait été «?élu pour défendre l'identité nationale française?». «?Ces mots ne me font pas peur, je les revendique?», a-t-il martelé. «?Et je ne comprends pas qu'on puisse hésiter à prononcer ces mots identité nationale française. Ils ne sont agressifs envers personne.?»l'opposition protesteÉric Besson a annoncé dimanche le lancement d'un «?vaste débat sur l'identité nationale?», qui durera deux mois et demi, avant un «?grand colloque de synthèse?» fin janvier, début février. Pour le ministre de l'Immigration, transfuge du Parti socialiste, «?il faut réaffirmer les valeurs de l'identité nationale et la fierté d'être français?». De nombreuses voix dans l'opposition ont dénoncé une exploitation politique et électoraliste du thème de l'immigration à l'approche des élections régionales.«?Scandale Jean Sarkozy, affaire Mitterrand, procès Clearstream? Ébranlé par l'accumulation de scandales politiques qui ont remis en scène le FN, le gouvernement nous ressert sa vieille soupe nationaliste en annonçant la tenue d'un débat sur l'identité nationale?», a écrit dans un communiqué Djamila Sonzogni, porte-parole des Verts.L'historien de l'immigration Patrick Weil a déclaré à l'AFP qu'il n'appartenait pas «?au pouvoir politique de décréter qu'est-ce que c'est qu'être français?. [...] On peut se sentir français en relation avec Jeanne d'Arc, Louis XIV, Danton ou Robespierre, de Gaulle ou Clemenceau. Il n'y a pas une seule façon d'être français. M. Besson a une volonté d'encadrer quelque chose qui a toujours été très divers et fluide, ce qui est insupportable. » H. F.

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