Journée test pour les syndicats qui ne désarment pas

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Combien seront-ils ce jeudi à défiler dans les rues de France, à l'appel des organisations syndicales toujours mobilisées contre la réforme des retraites ? La question est sur toutes les lèvres au lendemain du vote solennel du texte par l'Assemblée nationale, après celui du Sénat. Quant à la promulgation de la loi, elle devrait avoir lieu le 15 novembre quand le Conseil constitutionnel aura statué sur le recours déposé par le Parti socialiste. A J-1 de la journée d'action, les syndicats rejetaient le terme de « baroud d'honneur ». « Tant que la loi n'est pas promulguée, on peut continuer à faire pression. Il faut tout faire pour éviter que ce texte sorte », déclarait mercredi Bernadette Groison, la secrétaire générale de la FSU.Les leaders syndicaux parient sur un bon niveau de mobilisation. Pas aussi important toutefois que lors des journées précédentes qui avaient vu, selon la CGT, jusqu'à 3,5 millions de personnes dans les rues. À Paris par exemple, les ambitions ont été revues à la baisse : il n'y aura qu'un seul parcours, contre deux les fois précédentes, pour le cortège qui a été raccourci, entre les places de la République et Saint-Augustin.Les organisations syndicales savent en effet que certains Français seront réticents à manifester contre un texte voté. Et se sont résignés, constatant que jour après jour, les signes d'essoufflement de la mobilisation se multiplient, notamment chez les jeunes, les étudiants ayant du mal à prendre le relais des lycéens. Pour autant la journée de jeudi s'annonce perturbée.Notamment dans les transports. Des préavis de grève ont ainsi été déposés dans 29 réseaux de transports urbains, chiffre qui est en baisse par rapport aux six précédentes journées de mobilisation depuis la rentrée. De son côté, la direction générale de l'aviation civile (DGAC) a recommandé mercredi aux compagnies aériennes d'annuler pour jeudi 50 % des vols sur l'aéroport d'Orly et 30 % dans les autres aéroports.Du côté du gouvernement, les choses sont très claires : la phase de « démocratie parlementaire » est terminée, la réforme est bouclée donc la contestation n'a plus lieu d'être. Du côté patronal, l'UPA (artisans), « espère que l'adoption du projet de loi marque la fin des blocages de l'activité économique » et « considère qu'il appartient maintenant aux partenaires sociaux de reprendre la main en vue d'accompagner et de préciser les applications de la réforme ».« À la limite de l'indécence »Le scénario de sortie de crise qui semble se dessiner, sera au coeur des discussions dans les cortèges syndicaux. La proposition lundi du secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, qui a réclamé l'ouverture de négociations sur l'emploi des jeunes et des seniors fait en effet grincer des dents dans les troupes syndicales. Jean-Claude Mailly, son homologue de Force ouvrière, estime même que cette proposition est « à la limite de l'indécence ». Les syndicats n'entendent en effet pas solder six mois de contestation par ce rendez-vous aussitôt accepté par Laurence Parisot, présidente du Medef et par le gouvernement trop contents de tourner la page de cette manière. L'intersyndicale qui doit se réunir le 4 novembre pour faire le point sur la suite du mouvement et préparer la journée de mobilisation du samedi 6 novembre s'annonce très mouvementée.

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