L'Europe craint le cavalier seul des États-Unis sur la banque

Alors que Christine Lagarde est invitée mercredi à partager le Conseil des ministres allemand où sera présenté un projet de taxe sur les banques, le président français aura, la veille, évoqué ce sujet avec son homologue américain. La liste des thèmes relatifs à la régulation du système financier est longue. Et douloureuse. Car depuis la faillite de Lehman Brothers, les Américains ont annoncé beaucoup de réformes. Sans que, concrètement, les dossiers aient avancé. À l'exception du contrôle de certaines rémunérations dans les banques ayant bénéficié de l'aide de l'État, rien n'a bougé. Et la mise en place de « stress tests » dans les banques américaines au printemps 2009 a été vécue, par les Européens, comme une leçon donnée par un élève qui serait très en retard sur le programme scolaire. De leur côté, les Français ont été plus réactifs.divisions : un freinManifestement, les divisions dans le camp américain sont un obstacle à toute évolution rapide. La réforme de la régulation financière, portée sur les fonts baptismaux en décembre, attend toujours un feu vert du Sénat. De même, démocrates et républicains s'opposent sur le périmètre de contrôle de la Fed, sur la création d'une agence de protection des consommateurs ou encore sur la question de l'utilisation d'une taxe sur les banques, pourtant réclamée par Barack Obama.En Europe, la proposition du président américain de limiter la taille des banques a beaucoup agacé. Plus récemment, s'agissant du contrôle des hedge funds dans le cadre d'une directive européenne, le secrétaire au Trésor a mis en garde Bruxelles sur le risque de distorsion de concurrence. Mais l'un des sujets les plus inquiétants pour les Européens est celui de la comptabilité. Si les Américains se sont engagés à suivre les principes de Bâle 2, les Européens, non seulement sont confrontés à un projet de réglementation encore plus exigeant (Bâle 3), mais restent persuadés que jamais les États-Unis n'appliqueront le programme minimum. De manière générale, les Européens craignent que le Congrès américain renonce à voter une loi susceptible de freiner l'expansion des banques américaines. Guénaëlle Le Solleu

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