La mine sombre, Jean-Pierre Darroussin et Élodie Frégé descendent de voiture au bord d'une route qui serpente sous le viaduc de Millau, dans l'Aveyron. Les deux capitaines de gendarmerie se dirigent vers un Renault Express calciné au pied de la pile no4. Ils observent la carcasse de métal autour de laquelle s'activent des techniciens en combinaison blanche, échangent quelques mots puis repartent au volant de leur Peugeot 8001 gris foncé.
« Ça va pour moi ! » crie à la dixième prise le réalisateur Jean-Marc Brondolo, rompu aux séries dont Engrenages sur Canal+. Pour la dernière scène de ce Meurtres à Millau, cette mi-mars, sa caméra s'approche au plus près du tablier du pont, la structure sur laquelle roulent les véhicules. Les acteurs s'apprêtent à pénétrer dans ses entrailles, le ronronnement de l'autoroute en bande-son. Là, ils marquent un temps d'arrêt face à la silhouette aérienne de l'ouvrage dessiné par l'architecte Norman Foster, le causse du Larzac en toile du fond.
La carte postale ne pourrait être plus parfaite. Et l'Occitanie l'a bien compris, devenue la deuxième Région française de tournage derrière l'Île-de-France : avec près de 3.000 jours de prises de vues par an, elle a dépassé en 2024 la Provence-Alpes-Côte d'Azur. « Ces images sont très positives pour notre attractivité, mieux qu'une pub quatre par quatre », reconnaît Vincent Garel, président du comité régional du tourisme. L'élu tarnais s'appuie sur une étude du Centre national du cinéma de 2024 selon laquelle 66% des touristes français auraient envie de découvrir in situ les décors des fictions vues à l'écran.