Il y a du silence en lui. Une réserve, une pudeur de tout l'être, une grande élégance. Reda Kateb, qui a fêté ses 48 ans cette semaine, est un artiste profond et complexe au parcours remarquable. Si le grand public l'a vraiment découvert en 2008 et 2009 par la série Engrenages à la télévision et le film Un prophète, de Jacques Audiard, si ce public l'a suivi et retrouvé en 2014 dans Hippocrate de Thomas Lilti, avec une partition qui lui a valu en 2015 le césar du comédien dans un second rôle, les professionnels, notamment gens de théâtre, l'avaient repéré depuis bien longtemps.
Reda Kateb est un enfant de la balle. Sa famille paternelle, issue des Chaouis de l'Aurès, en Algérie, s'est développée sous une étoile littéraire. Le grand-oncle de Reda Kateb est Kateb Yacine, un des grands écrivains de langue française et arabe des années 1950-1970, auteur de Nedjma. Son père, Malek-Eddine Kateb, homme de théâtre complet, est le cofondateur du Théâtre national algérien. Un artiste de probité et de courage qui dut s'exiler en France et y travailla.
Aujourd'hui, quelques mois après la sortie de son premier film comme réalisateur, Sur un fil, alors qu'il est en plein tournage de L'Affaire Bojarski sous la direction de Jean-Paul Salomé, Reda Kateb retrouve ce théâtre qui lui tient tant à cœur avec Par les villages du Prix Nobel de littérature Peter Handke. Il parle de son métier de vivre.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Comment avez-vous rencontré Sébastien Kheroufi, qui vous met en scène dans Par les villages ?