C'est un secret gardé depuis plus d'un siècle que la bibliothèque municipale de Besançon révèle ce week-end : les lettres érotiques que se sont échangées de novembre 1872 à avril 1873 le peintre Gustave Courbet (1819-1877) et une aventurière parisienne, Mathilde Carly de Svazzema, de vingt ans sa cadette.
Cette exposition intitulée « Courbet, les lettres cachées - L'histoire d'un trésor retrouvé », met à l'honneur 36 lettres au contenu pas piqué des hannetons (20 écrites à l'encre noire par le chef de file du réalisme et 16 à l'encre bleue par Mathilde) parmi les 116 courriers retrouvés par hasard dans le grenier de l'établissement le 15 novembre 2023.
Ce matin-là, cinq employés recherchent des reliures sous les combles lorsque l'un d'eux est intrigué par une note manuscrite posée sur une pile de vieux papiers. Quelques lignes seulement qui évoquent « des lettres scabreuses écrites à une dame par une personnalité célèbre du XIXe siècle »... Ils poussent l'investigation plus avant et découvrent une enveloppe adressée à « Gustave Courbet, peintre à Ornans » (un village proche).
« D'après nos recherches, c'est Charles Blondon, ami et exécuteur testamentaire de Courbet, qui en 1906 a remis ces écrits sous le sceau de la confidentialité au conservateur de la bibliothèque, explique Pierre Emmanuel Guilleray, qui occupe aujourd'hui cette fonction. Le secret s'est transmis de génération en génération jusque dans les années 1950. Mais le meuble dans lequel étaient rangées les lettres a fini par partir au grenier... Sans doute ne les aurions-nous pas retrouvées de sitôt si nous n'avions pas déménagé dans l'ancien hôpital Saint-Jacques ! »