« Le grand palais de ma mère » de Mohamed El Khatib, « Les Bijoux de pacotille » de Céline Milliat-Baumgartner, « Maintenant je n’écris plus qu’en français » de Viktor Kyrylov... Nos critiques théâtre de la semaine du 12 mai 2025.La prise du Grand Palais de Mohamed El Khatib
On s'y prend un peu à l'avance. Il vous faudra attendre le 14 juin pour l'ouverture des réjouissances au Grand Palais, sous la houlette de Mohamed El Khatib. Mais cette occupation spectaculaire de la nef avec des installations et représentations est un événement et l'on ne saurait en parler trop tôt pour que vous ne ratiez pas les rendez-vous.
Et puis Mohamed El Khatib travaille tant qu'il vaut mieux le saisir au plus vite ! En ce jour de fin avril où on le rencontre, il est d'ailleurs en répétition d'un duo qu'il concocte avec le danseur et chorégraphe Israel Galván pour Avignon et, à peine l'entretien terminé, il s'envole pour retrouver son ami et partenaire.
Si on lui demande comment il se retrouve embarqué dans cette folle aventure, il précise que c'est à l'invitation d'une part du Centre Pompidou, d'autre part du Grand Palais. D'ailleurs, Chloé Siganos et Nathalie Vimeux, respectivement chargées des spectacles, notamment, dans ces deux institutions, en sont les commissaires. On ne peut pourtant s'interdire de penser qu'il y a derrière cette fête à venir l'esprit et la patte de l'audacieux et malicieux Didier Fusillier, président du Grand Palais depuis 2023.
De Lille au parc de la Villette, rien ne lui a jamais fait peur. Mohamed El Khatib sourit finement. « En fait, le Grand Palais et le Centre Pompidou ont vu, il y a un an, l'exposition du Mucem à Marseille, celle des carcasses de voitures surchargées qui racontent les allers et retours de la France au Maghreb pour les vacances. Ils la voulaient à Paris. C'est là que Didier Fusillier a dit : "Il faut présenter le travail de ces dix dernières années." »