C’est chez Once que l’ex-numéro 1 mondial s’est bâti un palmarès considérable, à une période troublée. Voyage de l’autre côté des Pyrénées, d’où la Grande Boucle s’élance ce samedi 4 juillet.Laurent Jalabert ne raffole pas du téléphone. Mais quand il reçoit une notification du groupe WhatsApp des anciens de l’équipe Once, la curiosité pique le quinquagénaire. Ses partenaires de 1992 à 2000, ses « frères d’armes ». Le premier d’entre eux, Alberto Leanizbarrutia, « une force de la nature », a souvent partagé sa chambre car leur programme TV et leur heure de coucher étaient compatibles.
Il cite aussi Melchor Mauri, David Etxebarria et le double champion du monde Abraham Olano, témoins privilégiés des « meilleures années de [sa] vie ». Le départ d’Espagne du Tour de France, à Barcelone samedi 4 juillet, va lui rappeler des souvenirs de l’été 1991.
Apprenant le retrait imminent de son sponsor Toshiba, Manolo Saiz, le fondateur de la formation Once, téléphone au prometteur Jalabert, qui n’a pas d’agent. « J’avais fait quelques belles places sur des courses importantes et il m’a assuré que j’aurais une équipe à mon service », se souvient celui qui était alors deuxième de la Coupe du monde, séduit par le discours et par une proposition financière « qui valait la peine ». Deux mois plus tard, en août, l’ambitieux dirigeant apporte lui-même un contrat de deux ans à la maternité de Carcassonne (Aude), où la fille aînée du coureur vient tout juste de naître.
S’il avait, à l’époque, l’impression de « rouler beaucoup », le Tarnais a compris bien plus tard qu’il avait véritablement « commencé à [s]’entraîner » chez Once, soumis à un travail « calibré et efficace » qui en fera le numéro 1 au classement mondial UCI à quatre reprises. Que son équipe ait collaboré avec le sulfureux docteur Eufemiano Fuentes, cité dans nombre de cas de dopage, n’a jamais modifié le récit de ses années espagnoles, malgré de fortes présomptions d’infraction aux règles d’éthique.