Primaire du PS : Glucksmann va-t-il prendre son risque ?

Raphaël Glucksmann, le 5 février 2026.
LTD/REUTERS/Sarah Meyssonnier

Raphaël Glucksmann, le 5 février 2026.
LTD/REUTERS/Sarah Meyssonnier
Raphaël Glucksmann s’est rendu à l’évidence. L’eurodéputé aura beau cajoler autant que possible les élus et militants socialistes, le soutien du PS pour la présidentielle ne sera pas automatique. Or, sans son appui, surtout financier, il lui sera difficile d’aller au bout de cette campagne. Un pari manqué pour certains autour de lui qui misaient sur le ralliement rapide de la formation d’Olivier Faure au regard de son avance dans les sondages. Cette première partie de bras de fer est perdue. Le Parti socialiste, qui l’a déjà propulsé comme tête de liste aux européennes à deux reprises (2019 et 2024), lui propose néanmoins un chemin : un processus de départage avec d’autres candidats. Une primaire qui ne dit pas son nom.
C’était l’objet du conseil national du PS - le parlement du parti - réuni mardi 30 juin à Paris. Deux lignes se sont affrontées. La direction d’Olivier Faure propose un vote des « sympathisants » avec une participation de 2 euros. Ses opposants ont répliqué en souhaitant que ce vote soit seulement ouvert aux « militants » des partis concernés.
Ces deux options seront soumises au vote des adhérents socialistes le jeudi 9 juillet. Pour les soutiens de Raphaël Glucksmann, la première piste est kamikaze. En cas d’ouverture aux sympathisants, ils craignent un noyautage de militants d’autres partis qui s’immisceraient dans le scrutin pour soutenir Olivier Faure qui défend toujours la primaire avec le reste de la gauche. Si cette méthode est retenue, Raphaël Glucksmann ne devrait pas y participer… mais ne pourrait donc pas avoir le soutien officiel du PS. Et donc devoir renoncer ?
En revanche, si la piste d’un vote limité aux militants l’emporte le 9 juillet, Raphaël Glucksmann pourrait se laisser tenter. Le corps électoral ne réserverait pas de surprise, et l’eurodéputé pourrait compter sur le soutien unanime des militants de son petit parti Place Publique pendant que les socialistes pourraient se diviser entre plusieurs candidats. Ce qui fait dire à certains au sein du PS que cette méthode revient à lui offrir l’investiture sur un plateau. D’autres n’en sont pas si convaincus puisque les candidatures ne sont pas encore connues et que rien n’est jamais écrit d’avance chez les socialistes. « Certes, dès qu’il y a un vote, il y a un risque, mais il faut savoir prendre des risques », note un de ses soutiens de Raphaël Glucksmann.
Pour l’heure, et bien qu’il soit dans toutes les discussions, Raphaël Glucksmann n’a pas encore commenté ces propositions. Peut-être le fera-t-il ce week-end depuis le Festival des idées à La Charité-sur-Loire (Nièvre) où il retrouvera une partie des cadres du PS ? « Ce que je sais, c’est que les militants de Place Publique et du Parti socialiste devront désigner par un vote leur candidat », confiait-il à La Tribune Dimanche fin juin. Comme pour entrouvrir la porte, et préparer les esprits.
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