À chaque rentrée littéraire son lot de fruits de mères - mères autobiographiques ou fictives, tentaculaires ou insaisissables. Si maman si. Le motif est inépuisable. Mais cette année, on a, comme l'a dit un Premier ministre (à propos de l'immigration), un sentiment de submersion. Faut-il y voir le signe d'un renoncement à la pure imagination ? De la conscience que, parfois, souvent, la réalité dépasse la fiction ? D'une passion (nombriliste) des écrivains pour leur propre préhistoire ? De la volonté de satisfaire le voyeurisme des lecteurs ?
Ce qui est sûr, c'est que l'archéologie familiale et l'exploration des atavismes sont la tendance phare du cru 2025. On reviendra très bientôt longuement - parce que le livre est subjuguant - sur la monumentale reconstitution des origines de ses origines que nous livre Laurent Mauvignier (La Maison vide, Éditions de Minuit), écrivain majuscule qui se révèle psychogénéalogiste en chef. Côté paternel, lui. Quand ce n'est pas la mère, en effet, c'est le père, comme on le verra la semaine prochaine avec, notamment, les ouvrages « empapaoutés » de Catherine Girard (In violentia veritas, Grasset), Anne Berest (Finistère, Albin Michel) ou Vanessa Schneider (La Peau dure, Flammarion).
Mais ce dimanche, donc, plein feu sur les mères. D'Amélie Nothomb (Tant mieux, Albin Michel) à Jakuta Alikavazovic (Au grand jamais, Gallimard) en passant par Justine Lévy (Une drôle de peine, Stock), Catherine Millet (Simone Émonet, Flammarion) et Sophie Pointurier (Notre part féroce, Phébus), voilà des filles qui toutes ont décidé, chacune à sa manière, de se mesurer à la figure maternelle.
Anna cabana, Arnaud Cathrine, Alexis Brocas et Anne-Laure Walter