L'Inconnu le plus connu des acteurs sexagénaires n'a, à 65 ans, jamais enchaîné à ce point les succès. Mais derrière ses rôles au cinéma, souvent d'hommes bourrus, de maris cocus, ou son personnage culte d'une fan ingénue de Stéphanie de Monaco se cache un premier prix classique du Conservatoire. Un pied de nez à toute l'intelligentsia parisienne, pour laquelle le mot populaire est synonyme de vulgaire.
À 20 ans, il a incarné tous les rôles de Molière et voue une passion infinie aux grands auteurs. Si ses profs de sciences l'encourageaient à faire maths sup, le théâtre était la seule solution pour transformer ses angoisses encombrantes en choisissant l'autodérision. En usera-t‑il pendant ce tête‑à-tête après avoir enchaîné les interviews promo, sachant qu'une salade César l'attend sur la table d'à côté ?
LA TRIBUNE DIMANCHE — Comme chez beaucoup de Français, avez-vous le cafard pendant les fêtes de Noël ?
DIDIER BOURDON — Le cafard, je l'ai souvent. Ce n'est pas un hasard si je m'appelle Bourdon. À Noël, je ressens plutôt de l'angoisse. Maman et mes beaux-parents que j'adore ne sont plus tout jeunes.
Vous êtes pied-noir par votre maman. En 1962, vous quittez Alger. En gardez-vous quelques souvenirs ?
Je pense que ce sont ceux que l'on m'a racontés. J'ai l'âge aujourd'hui qu'avait ma grand-mère quand elle est partie d'Algérie. Je regrette de ne pas l'avoir suffisamment questionnée, même si elle était très pudique. Elle est décédée quand j'avais 17 ans, et à cet âge-là on pense davantage aux filles qu'à poser des questions sur sa famille.
Propos recueillis par Joséphine Simon-Michel