Mercredi, il a reçu « pas mal de messages ». Il en montre un, envoyé par son ancien adjoint : une vidéo d'Argentine-Arabie saoudite (1-2) le 22 novembre 2022. La première déflagration de la Coupe du monde au Qatar. Celle en Australie et en Nouvelle-Zélande avec l'équipe de France féminine, huit mois après, a été plus longue mais moins riche en émotions. Vendredi, avant de donner sa liste pour les deux ultimes matchs des Bleues en 2023 (Autriche vendredi et Portugal le 5), Hervé Renard, 55 ans, a remonté la bobine de ces douze derniers mois.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Il y a un an, vous battiez l'Argentine avec l'Arabie saoudite. Quel souvenir vous revient ?
Hervé Renard - Le stade magnifique. La musique avant le match. La première période difficile. Puis dix minutes où on ne sait pas trop ce qui se passe. Après, il faut s'accrocher parce que les vagues déferlent. Dans le couloir, j'ai dit au coach argentin [Lionel Scaloni] : « Vous avez perdu aujourd'hui, mais vous allez peut-être gagner le Mondial. » Cette défaite leur a sans doute fait du bien. On finit en perdant deux joueurs importants : notre gardien qui percute notre arrière gauche, qui a mis six mois à revenir. Ça nous a coûté très cher ensuite. L'objectif, c'était aussi les huitièmes de finale. Mais est-ce qu'il valait mieux se qualifier sans relief et se faire éliminer par la France ? Réussir un coup comme ça restera à jamais.
Un tournant dans votre carrière ?
Il y a eu les deux finales de la CAN [2012 avec la Zambie, 2015 avec la Côte d'Ivoire], mais si je devais ne retenir qu'un match, ce serait celui-là. J'espère qu'il y en aura d'autres.
La vidéo de votre gueulante à la pause a été virale. A-t-elle changé votre image ?
Peut-être, mais il n'y avait rien de calculé. Je rentre dans un vestiaire où je vois tout le monde tête baissée. Je ne sais pas ce qui me traverse la tête mais je m'assois et je fais comme eux pendant quelques secondes. Puis je me lève et ça part. C'est instinctif, rien d'autre.