Livre : « Très Chers Amis », un roman russe sur les bords de l'Hudson
Anne-Laure Walter
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Gary Shteyngart.
© Marcello Mencarini
Anne-Laure Walter
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Gary Shteyngart.
© Marcello Mencarini
Le business des Miles, moteur insoupçonné de la rentabilité d’Air France-KLM
« Nous pensions être face à une crise conjoncturelle. Elle est devenue structurelle » : Lavazza pris dans la tempête du marché du café
Engie va supprimer environ 1 000 postes dans ses fonctions support d’ici à 2028
Sabah Abouessalam-Morin : « À Edgar Morin, l’homme de ma vie »
Fer guinéen : 6 mois après ses premières expéditions vers la Chine, Simandou monte en puissance
« 2026 pourrait être la pire année depuis 2013 » : le pouvoir d'achat des Français va souffrir
Un nouveau livre de Gary Shteyngart est toujours une promesse de réjouissances. Très Chers Amis, son « roman du confinement », ne déçoit pas. L'écrivain américain d'origine russe y marie humour acide et foi en l'humanité.
Soit le romancier Sacha Senderovski, sa femme Macha, psychiatre pour Russes newyorkaises, et leur fille adoptive Natacha, surdouée fan de pop coréenne, qui, en mars 2020, s'installent dans leur résidence secondaire sur les bords de l'Hudson. Dans cette « colonie » avec bungalows qui lui rappelle celle où il passait ses vacances entre immigrés russes, Senderovski convie amis d'enfance et intellectuels de son cercle. Karen, femme d'affaires d'origine coréenne, qui a fait fortune dans la tech avec une application à l'algorithme Cupidon. Vinod, copain de lycée qui sort d'un cancer où il a laissé un poumon et son poste à l'université. Ed, héritier d'une famille coréenne, qui cuisinera beaucoup (et très bien) tout en fantasmant sur Dee, une jeune autrice qui écrit des livres provocateurs sur son milieu d'origine, les Blancs pauvres américains. Pour compléter le casting, celui dont on ne connaîtra pas le nom, l'Acteur, qui vient travailler sur une série adaptée d'un roman de Senderovski censée permettre au propriétaire des lieux de relancer sa carrière et de sortir ses finances du rouge.
À lire également
« Mes chers amis. Bienvenue à la Maison de l'Amitié entre les peuples, comme on disait en Union soviétique. Nous vivons un moment effrayant », lance Senderovski, qui ne quitte plus son peignoir et a rempli sa cave d'une farandole d'alcools. Pendant que les camions frigorifiques s'amoncellent dans le Queens pour évacuer les morts du Covid, les convives, conscients de leurs privilèges, conversent dans les prés, testent les combinaisons de couples possibles et relisent les classiques. Ils dévorent aussi les 500 épisodes d'une émission de télé-réalité japonaise où trois hommes et trois femmes sont enfermés dans une villa. Mais contrairement à leurs équivalents occidentaux, les colocataires ont un langage châtié, ne trahissent ni ne forniquent et explorent les relations amicales avec timidité.
Anne-Laure Walter
Final Four de handball féminin : l’Europe parle français
Courbet, Rembrandt, Monet, De Vinci... Quand les artistes explorent l'art de l'autoportrait
Olivier Faure, une « pré-primaire » pour contraindre Glucksmann. La chronique politique de Pierre Lepelletier
Présidentielle 2027 : Dominique de Villepin soigne sa gauche