Sans doute fallait-il des circonstances aussi exceptionnelles que la réouverture presque prodigieuse de la plus légendaire des cathédrales pour que l'on se plonge dans un livre sur la... résurrection. Attention, pas un livre théologique. Un roman. Drôle, au demeurant. Très drôle, même. Au point que l'on a d'abord cru que c'était une farce, une sorte de bouffonnerie intelligente, avant que le texte ne vire au polar ironique, presque subversif, pour finir par révéler sa vraie nature: un roman noir sur le Bien. Un roman blanc. La bascule s'opère par l'humour, faussement noir. L'humour blanc ?
L'histoire se présente comme une énigme: trois jours après son enterrement, le cercueil de « Monsieur Paul » - ainsi les gens du coin appellent-ils le châtelain Paul de Larmencour, mâle dominant hyper boomer et patricien épicurien est ouvert, le corps a disparu et la rumeur dit que le défunt a été aperçu marchant sans manteau, avec sa longue chemise blanche. Dès lors, une agitation mystique s'empare du petit village de Doligny, dans l'Allier, et bien au-delà. Les « résurrectionnistes » du monde entier affluent. La narratrice, l'épouse de « Monsieur Paul », une sexagénaire qui ne s'en laisse pas conter prénommée Hermine, détaille avec ahurissement et amusement la crédulité générale.