Michel Hazanavicius : « La Shoah est une question intime pour moi »
Propos recueillis par Charlotte Langrand
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Michel Hazanavicius, vendredi à Cannes.
© LTD / LOIC VENANCE / AFP)
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LA TRIBUNE DIMANCHE - Vous n'aviez jamais voulu traiter le thème de la Shoah auparavant. Qu'est-ce qui vous a convaincu?
MICHEL HAZANAVICIUS - Le génocide juif n'est pas le sujet principal du film, c'est son contexte. Je suis issu d'une famille de Juifs d'Europe de l'Est, c'est une question intime pour moi, sur laquelle je n'avais pas envie de faire des films. Je ne suis pas obsédé par le devoir de mémoire : je ne suis pas prof, je n'ai pas cette mission, moi, je fais du « spectacle ». Et puis, soudain, j'ai lu le livre de Jean-Claude Grumberg, et la beauté de cette histoire m'a bouleversé. Il est le meilleur ami de mes parents, je le connais bien. Puis le producteur Patrick Sobelman m'a proposé d'en faire un film d'animation, et c'était une évidence. Je dessine depuis mes 10 ans... Cette agrégation de choses intimes m'a décidé à y aller.
La simplicité de cette histoire cache une grande puissance philosophique... C'est toute la magie du conte?
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Et de l'histoire de Jean-Claude... Le devoir de mémoire est naturellement ancré en lui et, quand il m'a dit avec simplicité : « J'ai seulement voulu montrer que, même dans cette horreur, il pouvait y avoir des belles choses », je n'ai plus hésité. J'ai le sentiment qu'il a mis soixante ans à écrire cette histoire, qui a toujours été là, comme les contes oraux qui ont fini par être écrits par quelqu'un. J'ai l'intuition que ce récit préexistait à son écriture et, avec ce film, j'ai essayé de recréer l'idée d'une mémoire qui ressurgit, qu'on exhume.
Propos recueillis par Charlotte Langrand
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