MeToo du cinéma : une commission Judith Godrèche à l’Assemblée nationale
Hugo Forquès
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Perrine Goulet, députée française.
© LTD/ Vincent Isore/IP3 PRESS/MAXPPP
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Perrine Goulet, députée française.
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Un hémicycle clairsemé, mais déterminé à enquêter sur les « abus et violences » dans le milieu du cinéma. Jeudi 2 mai, à l'Assemblée nationale, les 52 députés présents ont voté à l'unanimité en faveur de la création d'une commission d'enquête relative aux violences commises dans les secteurs du cinéma, de l'audiovisuel, du spectacle vivant, de la mode et de la publicité. Cette commission répond à une demande de Judith Godrèche.
L'actrice, devenue fer de lance du mouvement MeToo dans le cinéma depuis ses accusations à l'encontre des réalisateurs Jacques Doillon et Benoît Jacquot pour des faits remontant à son adolescence, était émue aux larmes dans les tribunes de l'hémicycle après l'adoption de la résolution. « Chère Judith, si les autres ne vous ont pas entendue, nous, députés, nous vous avons entendue », lui a lancé Perrine Goulet, députée MoDem et présidente de la délégation parlementaire des droits des enfants.
La commission, dont l'annonce a été saluée par la ministre de la Culture, Rachida Dati, doit à présent être composée. Le premier rendez-vous est fixé le 13 mai. « Nous choisirons alors les 30 députés qui en feront partie et répartirons le rôle de chacun », expose Francesca Pasquini, députée Les Écologistes, qui a porté la résolution à l'Assemblée. La répartition dépend des équilibres au sein de l'hémicycle, et les places seront chères au regard du retentissement médiatique du sujet et de la multiplication des affaires (lire aussi pages 20-21). La députée des Hauts-de-Seine, 42 ans, sera la seule candidate pour sa formation politique. Elle devrait être la rapporteure de la commission, quand Erwan Balanant, député MoDem du Finistère, devrait en assurer la présidence.
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Une fois ce travail de composition effectué, les députés pourront entrer dans le vif du sujet. La commission d'enquête s'intéressera particulièrement à trois missions : « évaluer la situation des mineurs évoluant au sein des secteurs concernés », mais aussi « identifier les mécanismes et les défaillances qui permettent ces éventuels abus et violences » et enfin « émettre des recommandations sur les réponses à apporter ». Pour ce faire, les 30 parlementaires débuteront leurs auditions dès le 20 mai, jusqu'au début des vacances parlementaires, en juillet. Les travaux reprendront durant tout le mois de septembre.
Les convocations devant la commission d'enquête vont être envoyées dans les prochains jours. « Nous allons auditionner les nombreux organismes qui pilotent le monde du cinéma, comme le Centre national du cinéma et de l'image animée [CNC], les associations d'acteurs, mais aussi les directions des pouvoirs publics et les ministères concernés », détaille Erwan Balanant.
Hugo Forquès