Rentrée littéraire : vivre livre dans « La vie ou presque »
Olivier Mony
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Couverture du livre "La vie ou presque" de Xabi Molia.
© LTD / DR
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Couverture du livre "La vie ou presque" de Xabi Molia.
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Tout commence à un bout du monde. Sur la côte basque. C'est là, durant les années Nirvana, celles des guerres en Yougoslavie, que sans se l'être jamais vraiment dit trois adolescents - deux frères, Simon, l'aîné, et Paul, le cadet, et leur voisine Idoya - vont nouer leur destin.
Là qu'ils auront la prescience et la folle ambition, déjà, que celui-ci ne s'accomplira que par et pour le livre, par et pour l'écriture. Pourtant, en ces temps qui viennent, il sera beaucoup question de la mort de la littérature, de son grand cadavre à la renverse; nos héros auront assez à faire avec leurs propres crépuscules précoces. Paul fixait à la littérature la mission de changer le monde; Simon, celle d'aider à mieux supporter la vie; Idoya, d'être le lieu de la réinvention de soi. Échecs comme succès ne parviendront jamais à les décourager tout à fait. Et puis, puisqu'il faut écrire, il faudra vivre, c'est-à-dire s'aimer, se perdre, se retrouver, se haïr, faire des enfants, voyager, connaître la mélancolie. Une vie ou trois durant, jusqu'au milieu de ce siècle.
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Simon, Paul et Idoya, c'est lui, Xabi Molia. Cinéaste et romancier, comme ses personnages, né à Bayonne à la même époque de désenchantement plus ou moins éclairé. L'homme a trop de goût pour l'étendue du champ des possibles qu'offre la fiction; aussi ne peut-il imaginer quelque confession que ce soit autrement que dans cette transfiguration romanesque. La Vie ou presque, sans conteste l'un des plus ambitieux et réussis de ses livres, est à la fois la biographie d'une génération perdue, la sienne, et une sorte de fable morale. Le monde, nous dit-on, sera peut-être sauvé par les livres. Acceptons-en l'augure.
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