Tendance : « BeReal », le rendez-vous des ados
David Medioni
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Deux minutes pour « capturer son BeReal ». Une photo de l’endroit où l’on se trouve, et une de soi.
© ALEXIS LEMETAIS/COLLECTIF DR
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Deux minutes pour « capturer son BeReal ». Une photo de l’endroit où l’on se trouve, et une de soi.
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La scène est désormais connue. Des adolescents et de jeunes adultes de 15 à 25 ans rigolent et discutent quand soudain le téléphone de l'un d'entre eux émet un bip strident. « Ah, c'est mon BeReal, il faut que je m'en occupe », lance l'un des protagonistes. Il dispose alors de deux minutes seulement pour prendre une photo de l'endroit où il se trouve et de ce qu'il est en train de faire pour le partager avec sa communauté d'amis, qui reçoit l'alerte au même moment. La spécificité de l'application BeReal est d'exiger un cliché en double exposition : l'une de la vue, l'autre en mode selfie, pour montrer le réel, justement. Peu importe que l'on soit en train de dormir, de réviser ses partiels ou de draguer. Car, BeReal (« être vrai »), nom du réseau social lancé en 2020 par deux Français passés par l'école 42 de Xavier Niel, Kévin Perreau et Alexis Barreyat (un ancien de chez GoPro), promet de l'authenticité et veut en « finir avec la mise en scène qui prévaut sur les autres réseaux type Instagram ». À la façon du « Venez comme vous êtes » de McDonald's, en quelque sorte.
En l'espace de trois ans, BeReal s'est fait une place dans le paysage des réseaux sociaux et le nombre de ses utilisateurs affiche une croissance stable. Selon un rapport de Siècle digital paru fin 2022, l'application compterait près de 20 millions d'utilisateurs actifs chaque jour, revendiquerait plus de 50 millions de téléchargements dans le monde entier et serait valorisée aux alentours de 600 millions d'euros.
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Chez les adeptes du réseau social, une antienne : « Ce que j'aime sur BeReal, c'est qu'elle n'oblige pas à se mettre en scène », explique Esther, étudiante en école d'ingénieurs. Exit donc les filtres Instagram, la mise en beauté de soi-même, bonjour l'authenticité, le cliché un poil raté, et surtout le réel. Quid de ce sentiment d'être « esclave » de l'application, qui sonne lorsqu'on ne s'y attend pas ? « Il n'existe pas, confie Esther. Ça ajoute une contrainte et ça reste amusant. Surtout, si on rate les deux minutes, ce n'est pas très grave. »
David Medioni