Après les ingérences russes en Roumanie, en Moldavie et, cette semaine, en Pologne, le ministre délégué chargé de l'Europe, Benjamin Haddad, revient pour La Tribune Dimanche sur les menaces que le régime de Poutine fait peser sur le continent européen et les moyens mis en œuvre pour y répondre.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Quelles sont les dernières ingérences russes en Europe ?
BENJAMIN HADDAD — On a vu ce qui s'est passé récemment lors des élections en Moldavie ou en Roumanie. Un récent rapport de TikTok y révèle une opération massive de manipulation pour favoriser le candidat d'extrême droite, Calin Georgescu, avec près de
100 000 faux comptes et 33 000 spams bloqués. En Moldavie, il y a eu des achats de voix par Telegram, afin de saboter la réélection de la présidente proeuropéenne Maia Sandu. Acheter ces 10 % des voix équivaut aux dépenses d'une journée de guerre en Ukraine. On voit le calcul avantage-coût pour la Russie.
Mais l'UE n'est-elle pas constamment en retard dans cette guerre hybride menée par Moscou ?
C'est surtout que la menace s'accroît et qu'il faut s'y adapter en permanence. Mais la prise de conscience est là. La France a augmenté ses moyens sur le renseignement, sur le cyber. Nous travaillons avec les pays en première ligne. Nous avons d'ailleurs des troupes de réassurance dans les pays Baltes et en Roumanie.
Mais la réponse à l'échelle européenne est-elle assez coordonnée ?