LA TRIBUNE DIMANCHE — L'Europe est-elle à l'aube d'une guerre commerciale avec les États-Unis ?
STÉPHANE SÉJOURNÉ — Il faut tout faire pour éviter la guerre commerciale, car nous restons convaincus que le meilleur scénario pour l'Europe, c'est une relation apaisée avec les Américains. Les derniers chiffres que nous avons montrent que les premières mesures américaines sur les taxes de douane pourraient coûter jusqu'à 0,6% du PIB européen immédiatement. De l'autre côté de l'Atlantique, elles pourraient également coûter jusqu'à 0,3% du PIB américain chaque année. Personne n'est donc gagnant dans une guerre commerciale. Mais l'Europe restera dans la défense de ses intérêts : nous répondrons systématiquement aux tarifs douaniers par la réciprocité.
La Commission européenne a néanmoins décidé de reporter de deux semaines, à mi-avril, les mesures visant les produits américains. L'Europe a-t-elle la main qui tremble ?
La Commission a souhaité se laisser un peu de temps afin d'ajuster au mieux les contre-mesures que nous prendrons et de laisser la place au dialogue. Il s'agit notamment de limiter les impacts de ces décisions pour nos entreprises. Nous avons décidé de rouvrir la consultation avec nos industriels et les États membres afin d'affiner la liste des produits visés. Mais la doctrine reste la même. Mi-avril, ce seront 24 milliards d'euros de taxes qui seront mises en œuvre en réponse aux 24 milliards décidés par les États-Unis.