Est-ce une manoeuvre d'intimidation ? Le gouvernement de Benyamin Netanyahou doit débattre aujourd'hui d'une motion de censure pour limoger la procureure générale. Considérée comme une menace, Gali BaharavMiara s'était opposée dès 2023 au projet de réforme judiciaire du Premier ministre, qui avait jeté dans la rue des dizaines de milliers de manifestants pendant des semaines.
Récemment, la juriste de 65 ans a ouvert des enquêtes sur des liens entre des collaborateurs de Netanyahou et le Qatar. Selon la chaîne d'information israélienne Kan, un document de 86 pages, distribué vendredi aux ministres pour préparer la réunion d'aujourd'hui, affirme que la magistrate agirait « comme le long bras des opposants au gouvernement » et que son bureau serait devenu « une autorité politique tyrannique ».
Le processus de destitution, s'il réussit, pourrait prendre des mois. Une fois la motion votée, il faudra en effet obtenir l'avis du comité consultatif chargé de nommer et de destituer les procureurs généraux. Sauf que le comité, incomplet, ne peut se réunir avant la désignation de ses deux membres manquants.
Le gouvernement a pourtant prévenu qu'il pourrait se dispenser de son avis. Mais les critiques se multiplient contre la volonté de se débarrasser de cette juriste devenue une figure incontournable de la scène judiciaire et politique israélienne. Jeudi, les anciens procureurs généraux ont tous signé une lettre affirmant que Gali BaharavMiara remplissait « son rôle » « en préservant l'État de droit et en restant fidèle aux principes juridiques ».