Lundi 20 janvier, Donald Trump prêtera serment en tant que 47ᵉ président des États-Unis au Capitole. Pour l'accompagner, le républicain a choisi un casting qui lui permettra de réussir là où il a échoué en 2017.Leu feu crépitait dans l'âtre, au matin du 13 novembre à la Maison-Blanche. Souriant et détendu, Joe Biden accueillait son successeur dans l'antre du pouvoir exécutif. Il s'engageait à faciliter autant que possible la période de transition entre les deux administrations et prenait ses compatriotes à témoin. L'heure était à l'apaisement, mettant un terme à la surenchère et aux provocations verbales.
Reconnaissant, Donald Trump remerciait son hôte et prenait congé, l'air satisfait. L'Amérique, déchirée entre deux factions à couteaux tirés, deux visions irréconciliables, allait-elle trouver les ressources pour combler le fossé idéologique béant entre démocrates et républicains, par la bienveillance de ses dirigeants, le sortant et le futur entrant ? La réponse est tombée le jour même : à 15 h 14, le vainqueur de l'élection présidentielle annonçait sur son réseau Truth Social qu'il avait choisi Tulsi Gabbard comme future directrice du renseignement national.
Émoi immédiat à Washington : Gabbard, ex-représentante démocrate de Hawaii, prône un isolationnisme qui sied à Trump, mais ses inclinations pour le dictateur syrien déchu Bachar El-Assad ou pour le président russe Vladimir Poutine hérissent le poil de la communauté du renseignement. À 15 h 24, nouvelle provocation savamment pesée : Matt Gaetz était pressenti comme ministre de la Justice. L'élu floridien est un insurgé d'extrême droite, fier d'avoir fait chuter le précédent speaker de la Chambre des représentants, Kevin McCarthy, trop modéré à ses yeux.
Après la sélection, la veille, d'un autre individu aux compétences douteuses, Pete Hegseth pour le Pentagone, la coupe est pleine, tant pour l'opposition démocrate que pour la majorité républicaine au Sénat, traditionnellement moins belliqueuse que son homologue à la Chambre. Donald Trump sait ce qu'il fait. Il estime avoir remporté une victoire suffisamment nette et obtenu « un mandat retentissant du peuple américain pour changer le statu quo à Washington », selon sa future porte-parole à la Maison-Blanche, Karoline Leavitt.
Maurin Picard, Correspondant À New York