Il était 4 heures du matin, hier, quand plusieurs explosions ont secoué le centre-ville de Beyrouth. Connu pour ses boutiques d'antiquités et proche des ambassades occidentales, le quartier Basta a été visé par des frappes israéliennes. Selon des médias libanais, quatre ou cinq bunker busters, des bombes capables de briser les blockhaus, ont touché un immeuble de huit étages où vivaient au moins 35 personnes.
Le raid aurait ciblé un haut responsable du Hezbollah, sans que son nom soit mentionné. Onze personnes sont mortes à la suite de la destruction de ce bâtiment résidentiel et dans certains à proximité. Il s'agit de la quatrième frappe au cœur de la capitale libanaise en une semaine. Depuis le début de sa campagne contre le Hezbollah fin septembre, Israël a surtout visé la banlieue sud de Beyrouth, la Dahiyé, bastion du parti pro-iranien. L'accélération de ces bombardements pourrait être une stratégie de Tel-Aviv pour faire pression sur le Hezbollah et obtenir un accord de cessez-le-feu en sa faveur.
La semaine dernière, les États-Unis ont en effet proposé un plan en 13 points avec une trêve de soixante jours et le déploiement de l'armée libanaise dans le sud du pays. Il reprend les bases de la résolution 1701 de l'ONU, votée pour mettre fin à la précédente guerre entre le mouvement chiite et Israël en 2006.