Le centre de Beyrouth touché par des frappes israéliennes, une première depuis le 7 octobre
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Les raids israéliens ont fait dimanche au moins 105 morts, selon le ministère de la Santé libanais.
Mohamed Azakir
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Les raids israéliens ont fait dimanche au moins 105 morts, selon le ministère de la Santé libanais.
Mohamed Azakir
[Article publié lundi 30 septembre 2024 à 7h59, mis à jour à 17h59] Cette partie de la ville avait été jusque-là épargnée, mais ce n'est plus le cas. L'armée israélienne a en effet mené ce lundi, selon une source sécuritaire libanaise, une frappe dans le cœur de Beyrouth. Une première depuis le déclenchement des hostilités entre Israël et le Hezbollah il y a un an.
Selon cette source sécuritaire libanaise, « au moins quatre personnes ont été tuées dans une frappe de drone israélienne visant un appartement appartenant à la Jamaa Islamiya à Beyrouth intra-muros ». Ce groupe islamiste libanais sunnite appuie le Hezbollah dans ses opérations menées sur le nord d'Israël « en soutien » au Hamas. Des vidéos relayées par les chaînes de télévision locales montrent l'étage partiellement rasé de l'immeuble visé.
Par ailleurs, l'armée libanaise a annoncé, ce lundi également, la mort d'un de ses soldats. Il s'agit du premier soldat libanais déclaré tué dans une frappe israélienne depuis que l'État hébreux a intensifié ses bombardements à travers le Liban la semaine passée. Dans un communiqué publié sur X, l'armée libanaise indique que le soldat a été « tué par un drone de l'ennemi israélien visant une moto alors qu'elle passait devant un checkpoint » dans la région de Wazzani, dans le sud du Liban. Selon une source proche de l'armée, le drone israélien a visé « la moto sur laquelle circulaient deux Syriens, tuant un soldat par des éclats d'obus ».
« En raison de la situation sécuritaire à destination », les vols d'Air France et Transavia vers Beyrouth et Tel-Aviv depuis Paris sont aussi suspendus au moins jusqu'au 8 octobre inclus, a annoncé ce lundi la maison mère des compagnies aériennes. La reprise des liaisons avec la capitale libanaise, suspendues le 18 septembre, et avec la grande ville israélienne, qui avaient été relancées le 21 après une interruption de trois jours, « restera soumise à une évaluation de la situation sur place », a précisé le groupe Air France-KLM dans un communiqué.
Ces raids interviennent alors que l'armée israélienne maintient sa pression militaire contre le Hezbollah pour le huitième jour consécutif, via des frappes violentes contre ses fiefs à travers le Liban, trois jours après avoir tué son chef Hassan Nasrallah. Ce lundi débutent d'ailleurs trois jours de deuil national à la suite du « martyre du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui rejoint la liste des personnes tuées par l'agression israélienne perfide contre le Liban », selon les termes du gouvernement libanais.
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Une vision que ne partage pas le secrétaire d'État américain Antony Blinken. « Le Liban, la région et le monde sont plus sûrs sans lui », a-t-il déclaré à l'ouverture d'une réunion ministérielle à Washington des pays de la coalition de lutte contre le groupe jihadiste État islamique (EI). Et d'expliquer : « Hassan Nasrallah était un terroriste brutal qui a fait de nombreuses victimes parmi lesquelles des Américains, des Israéliens, des civils au Liban, des civils en Syrie et bien d'autres encore. Pendant qu'il dirigeait le Hezbollah, le groupe a terrorisé les populations de toute la région et a empêché le Liban de progresser pleinement en tant que pays », a-t-il affirmé.
Reste que sa mort ne marque pas la fin du Hezbollah. Le mouvement lui choisira un successeur « dès qu'il en aura l'occasion », a annoncé ce lundi le numéro deux du groupe, Naïm Qassem. Il a aussi assuré que sa formation allait continuer à viser Israël malgré les coups intenses qu'elle subit et qu'elle est « prête » à repousser une éventuelle offensive terrestre israélienne. Naïm Qassem a ajouté que son mouvement, allié du Hamas, poursuivrait sa lutte contre Israël « en soutien à Gaza », où l'armée israélienne mène depuis le 7 octobre 2023 une offensive en riposte à l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien.
Lundi avant l'aube, l'armée israélienne a annoncé avoir frappé des dizaines de cibles du Hezbollah dans la région de la Békaa, parmi lesquelles « des dizaines de lanceurs et de bâtiments où étaient stockées des armes ». Elle a par ailleurs indiqué avoir « réussi à intercepter une cible aérienne suspecte qui est entrée depuis le Liban en territoire israélien » lundi matin. Les raids israéliens ont fait dimanche au moins 105 morts, selon le ministère de la Santé libanais.
Israël a dit avoir attaqué dimanche « des dizaines de cibles terroristes » du mouvement chiite au Liban, dont des sites de lancement de roquettes et des installations militaires. Dimanche soir, l'armée israélienne a affirmé avoir mené environ 120 frappes supplémentaires « de grande envergure » dans le pays.
Après un an d'échanges de tirs transfrontaliers avec le Hezbollah et des formations alliées, l'armée israélienne a intensifié depuis le 23 septembre ses bombardements pour permettre le retour dans le nord d'Israël de ses habitants déplacés par les échanges de tirs. Dans cette optique, « nous utiliserons toutes nos capacités », s'est montré déterminé ce lundi le ministre israélien de la Défense, Yoav Gallant. Et de préciser : « Nous utiliserons tous les moyens nécessaires - vos forces, d'autres forces depuis les airs, depuis la mer et sur terre », précisant que « l'élimination de Nasrallah est une étape importante, mais ce n'est pas la dernière ».
Par ailleurs, le mouvement palestinien Hamas a annoncé lundi que son chef au Liban avait été tué dans une frappe aérienne dans le sud du pays, où l'armée israélienne mène des raids contre le Hezbollah.
Une nouvelle qui a été confirmée ce lundi par l'armée israélienne. Dans la nuit, l'armée a « frappé et éliminé le terroriste Fatah Charif, chef de la branche libanaise de l'organisation terroriste du Hamas », a indiqué l'armée dans un communiqué, ajoutant qu'il était « responsable de la coordination des activités terroristes du Hamas au Liban avec les agents du Hezbollah ».
Premier haut diplomate occidental à se rendre au Liban depuis l'intensification des frappes israéliennes, le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot est arrivé dimanche soir à Beyrouth. Il a remis une aide sanitaire d'urgence au ministre libanais de la Santé Firass Abiad, qui l'a « remercié » pour ce « don de 11 tonnes et demie ».
« Les solutions diplomatiques existent », a-t-il lancé ce lundi sur le réseau social X. Et de détailler : « Cessez-le-feu, respect du droit international et humanitaire, mise en œuvre de la résolution 1701 », qui a mis fin à la guerre de 2006 entre Israël et le Hezbollah libanais. « La France reste avec le Liban », a-t-il insisté après avoir notamment rencontré le Premier ministre libanais Najib Mikati. Il a par ailleurs « exhorté » Israël à ne pas lancer d'offensive terrestre au Liban.
Un avis partagé par les Américains. « Je suis plus au courant que vous ne le pensez et je suis d'accord pour qu'ils s'arrêtent. Nous devons avoir un cessez-le-feu maintenant », a déclaré Joe Biden, ce lundi, comme on lui demandait s'il était au courant d'informations sur des projets israéliens d'incursion terrestre au Liban et s'il était à l'aise avec une telle éventualité. « La diplomatie reste la meilleure et la seule voie pour parvenir à une plus grande stabilité au Moyen-Orient, et les États-Unis restent déterminés à faire avancer ces efforts de toute urgence » y compris en vue d'un cessez-le-feu dans la bande de Gaza, a également fait valoir Antony Blinken. Les Etats-Unis et la France ont mené la semaine dernière à l'ONU un appel au cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah libanais, resté lettre morte et suivi de frappes israéliennes massives sur le Liban.
Après son entretien avec Jean-Noël Barrot, le Premier ministre libanais Najib Mikati a lui aussi appelé à un cessez-le-feu avec Israël.
« La priorité est l'application de la résolution 1701 » de l'Onu, a ajouté Najib Mikati. Selon lui, près d'un million de personnes pourraient avoir été déplacées par les bombardements israéliens, le plus grand déplacement de population de l'histoire du pays selon lui. Le Programme alimentaire mondial a annoncé une opération d'urgence pour fournir une aide alimentaire à un million de personnes.
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L'Iran ne va pas envoyer des combattants au Liban et à Gaza
Alors que le chef du Hezbollah Hassan Nasrallah a été tué par une frappe israélienne à Beyrouth, la communauté internationale guettait avec attention la réaction de l'Iran, premier soutien du mouvement islamiste libanais. Le pays a indiqué qu'il n'allait pas envoyer des combattants au Liban et à Gaza pour combattre Israël.
« Les gouvernements du Liban et de Palestine ont la capacité et la puissance nécessaires pour faire face à l'agression du régime sioniste, et il n'est pas nécessaire de déployer des forces auxiliaires ou volontaires iraniennes », a dit le porte-parole de la diplomatie iranienne, Nasser Kanani, au cours de sa conférence de presse hebdomadaire.
Mais l'Iran reste particulièrement menaçant envers Israël. « Le régime sioniste usurpateur ne restera pas sans réprimande et punition pour les crimes qu'il a commis contre le peuple iranien, les forces de résistance (groupes pro-iraniens dans la région, ndlr), les citoyens et les militaires iraniens », a martelé Nasser Kanani.
Quelques heures après cette prise de parole, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a affirmé qu' « il n'y a pas d'endroit au Moyen-Orient qui ne puisse être atteint par Israël », dans une déclaration vidéo publiée en anglais, mettant en garde le peuple iranien dans une diatribe contre les autorités de Téhéran. « À chaque instant, le régime vous rapproche de l'abîme, vous, le noble peuple perse. La grande majorité des Iraniens savent que leur régime ne se soucie pas le moins du monde d'eux », a-t-il ajouté.
(Avec AFP)
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