Eurazeo, éleveur de champions européens
Marie-Pierre Gröndahl
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Eurazeo mise sur 600 entreprises, PME et ETI françaises.
LTD/DR
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« Make Europe Great Again ». Ce pourrait être la devise d'Eurazeo, le groupe français spécialisé dans l'investissement dans les entreprises non cotées et la gestion d'actifs. Dirigée depuis 2023 par un tandem composé de Christophe Bavière, fondateur d'Idinvest Partners (racheté par Eurazeo en 2018), et de William Kadouch-Chassaing, ancien directeur général délégué de la Société générale, l'entreprise financière parie en effet sur la détection et le développement de « champions cachés » européens, PME comme ETI.
Un changement de cap par rapport à la stratégie davantage orientée vers les États-Unis suivie par l'ex-dirigeante Virginie Morgon, dont le départ décidé en 2023 a provoqué une crise de gouvernance. La famille Decaux (publicité et mobilier urbain) est aujourd'hui actionnaire principal, avec 18 % du capital.
« Notre territoire de jeu se situe en Europe. Nous souhaitons être une porte d'entrée pour les investisseurs du monde entier », explique Christophe Bavière. Dans ce cadre, Eurazeo (qui gère 36 milliards d'euros d'actifs) renforce le maillage de ses bureaux locaux, avec des équipes spécialisées par secteur pour identifier très en amont les cibles les plus prometteuses, alors que la concurrence entre fonds d'investissement s'accentue et que le secteur du private equity ralentit mondialement.
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« Nous offrons des aides à la croissance des entreprises grâce à l'internationalisation des revenus, un soutien à la croissance externe et un accès aux meilleures tendances de l'innovation », ajoute William Kadouch-Chassaing. Alors que l'onde de choc des droits de douane américains se propage, le pari européen du groupe se justifie encore davantage, selon Christophe Bavière, qui plaide pour la réallocation de l'épargne européenne, pour l'instant massivement investie outre-Atlantique : « La fin d'un certain angélisme européen est un facteur positif, comme en témoignent les différents rapports sur la nécessaire accélération de l'union de l'épargne et des marchés de capitaux bancaires depuis un an. »
Marie-Pierre Gröndahl
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