IA : « Il faut que Mistral fasse 500 millions de chiffres en 2025 », selon BPIfrance
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Nicolas Dufourcq, le directeur général de Bpifrance en octobre 2024.
REUTERS/Stephanie Lecocq
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Nicolas Dufourcq, le directeur général de Bpifrance en octobre 2024.
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« Mistral est la chance européenne », et « il n'y en a qu'une », a martelé ce lundi Nicolas Dufourcq, le directeur général de Bpifrance. La pépite tricolore de l'IA a multiplié les annonces ces dernières semaines, en amont du Sommet international pour l'action sur l'intelligence artificielle, organisé lundi et mardi à Paris. Elle a notamment développé son propre outil conversationnel baptisé Le Chat, noué des partenariats avec Stellantis, France Travail ou l'AFP, et annoncé dimanche la construction de son premier data center en France, près de Paris.
Dans ce contexte, « tout le monde doit travailler avec Mistral », a souligné Nicolas Dufourcq qui s'exprimait sur BFM Business. Il a indiqué que c'était le cas à Bpifrance où on en est « extrêmement content ».
Mais pour le patron de Bpifrance, l'entreprise doit gagner de l'argent. « Le sujet » pour MistralAI, lancée en 2023, notamment avec un apport de Bpifrance, « ce n'est pas la levée de fonds : ils claquent des doigts et demain, ils ont 2-3 milliards d'euros », a-t-il estimé, alors que la banque publique d'investissement française a annoncé la semaine dernière vouloir investir 10 milliards d'euros dans l'IA d'ici 2029. « Le sujet, ce sont les revenus. Il faut que Mistral fasse 500 millions de chiffre d'affaires en 2025 », a-t-il poursuivi.
« Il faut que ces entreprises fassent du revenu le plus vite possible pour sortir du "piège du bonsaï" », a insisté le patron de Bpifrance, tout en convenant qu'avec « 27 marchés, 27 pays, et 27 langues », c'est « beaucoup plus difficile de devenir un leader européen que de devenir un leader américain rapidement ». Dans des secteurs comme l'IA, « on est dans une guerre de mouvement, et il faut avoir un jeu de jambes de boxeur », a-t-il souligné.
Si les opérations de Mistral ont débuté au cœur de la capitale française, dans une quarantaine de mètres carrés baptisés « le frigo » en raison du manque de chauffage, elles se poursuivent désormais sur tout un étage où s'activent plus d'une centaine d'employés derrière une forêt d'écrans dernier cri. En trois levées de fonds, la dernière atteignant 600 millions d'euros en juin, la pépite française a obtenu plus d'un milliard d'euros de financements, pour une valorisation d'environ 6 milliards d'euros. Mistral compte désormais un bureau à Londres, à Palo Alto aux États-Unis et à Singapour.
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Sa force a été de présenter dès ses débuts des modèles en source ouverte (accès libre au code de programmation) capables de concurrencer ceux de Meta, Google ou encore OpenAI, le créateur de ChatGPT, la positionnant en championne européenne de l'IA, au moment où les dirigeants de l'UE ambitionnent de placer le Vieux Continent sur la carte mondiale de cette technologie.
Par ailleurs, l'entreprise dispose d'un fort soutien politique en la personne du président de la République Emmanuel Macron qui a posté vendredi le message « Vive Le Chat ! » avec un drapeau tricolore sur le réseau X, avant d'inviter dimanche les Français à télécharger l'application lors d'un entretien sur France 2.
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Comme beaucoup de ses homologues, Arthur Mensch fustige néanmoins une réglementation européenne en matière d'intelligence artificielle « extrêmement pénible et obsolète ». « Il y a plein de questions qui ne sont plus pertinentes au regard de ce qu'est l'IA générative aujourd'hui », affirmait-il en décembre lors d'une conférence sur l'IA organisée à Paris. L'entrepreneur a ainsi invité les régulateurs à « tout repenser, tout simplifier et tout unifier pour supprimer ces freins » auxquels ne sont pas confrontés ses concurrents américains.
(Avec AFP)
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