Christopher Guérin passera une partie de son week-end à Notre-Dame. Le directeur général de Nexans est en effet à la tête de l'une des sociétés mécènes de la restauration de la cathédrale. Son don ? Près de 200 kilomètres de câbles antifeu - identiques à ceux utilisés entre autres dans les hôpitaux - pour sécuriser l'électrification du bâtiment. Un symbole parfait de l'expertise de ce groupe français, ex-filiale d'Alcatel, qui s'est spécialisé depuis six ans dans un domaine maîtrisé par une poignée de concurrents à l'échelle mondiale. Grâce à un virage stratégique opéré en quelques années, cette entreprise fondée il y a cent vingt ans est devenue aujourd'hui un acteur majeur de la transition énergétique.
« Nexans, qui a câblé les Champs-Élysées à la fin du XIX e siècle, fait aussi un peu partie du patrimoine national », sourit son patron, qui a pris les rênes en 2018, après plusieurs années de crise aiguë marquées par la disparition de clients, la fuite des talents et l'effondrement des profits. Le recentrage mis en place pour faire de cet ancien fleuron industriel un champion planétaire de l'électrification s'est traduit par des cessions en cascade et la perte volontaire de 13 000 clients sur 17 000. D'où un plongeon inévitable de 20 % du chiffre d'affaires. « En 2018, Nexans se classait 119 e de l'indice SBF 120, avec une valorisation boursière de moins de 800 millions d'euros », rappelle le directeur général pour justifier ces mesures drastiques.